Les principes de l'entrepreneuriat social s'écartent de la manière classique d'entreprendre car ils ne visent pas la réalisation d'un profit maximal mais accordent toute leur importance à la valeur sociale ou écologique d'une activité économique. Le but est de répondre à une problématique sociétale ou d'apporter une valeur d'intérêt général par le biais de la création d'une entreprise.

Ce concept peut sembler délicat à mettre en œuvre, mais c'est en réalité la solution choisie par de nombreux entrepreneurs.

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La naissance du mouvement

Les termes « entrepreneuriat social » et « entrepreneur social » ne sont apparus que récemment, vers les années 1990. Il s'agit d'un mouvement de pensée qui a inspiré le monde des affaires aux États-Unis, lorsque les entreprises œuvrant dans le domaine social ont essayé de se rassembler.

Le mouvement s'est ensuite répandu dans le monde, et a révolutionné l'économie sociale de bon nombre de pays. Mais ce raisonnement est en réalité plus ancien. Dès le Moyen-Âge, de nombreuses personnes ont souhaité apporter des solutions aux difficultés sociales, d'où l'apparition des mutuelles ou des compagnonnages.

Concernant l'entrepreneuriat social, le fait d'associer ces deux mots d'apparence opposés représente un véritable défi économique :

  • « Entrepreneuriat », pour indiquer le recours à toutes les performances économiques et le savoir-faire individuel de l'entrepreneur pour aboutir à un résultat positif ;
  •  « Social », pour insister sur l'importance de la solidarité, de l'utilité publique et de la considération des impératifs sociétaux actuels. L'entrepreneuriat social se veut donc être la conduite d'un entrepreneur qui met en place une activité économique efficace et rentable afin de rendre service à son prochain.

Le rôle d'un entrepreneur social

L'entrepreneur social est celui qui crée une entreprise et qui consacre son habileté économique et financière au bien de la communauté locale. Il faut toutefois produire de la valeur ajoutée pour couvrir toutes les charges de l'entreprise sociale, et ainsi la maintenir durablement sur un marché concurrentiel.

Cependant, les activités ne doivent en aucun cas être orientées vers la recherche d'un bénéfice financier ou de toute fin autre que l'intérêt général.

C'est la volonté de contribuer positivement au dénouement des problèmes sociaux ou environnementaux qui doit pousser l'entrepreneur à être efficace et à prospérer.

Depuis la promulgation de la Loi n° 2014-856 portant sur l'Économie sociale et solidaire (ESS), le 31 juillet 2014, l'entrepreneur social peut désormais bénéficier du statut d'« Entreprise de l'Économie sociale et solidaire ». Ce statut est accordé à toute association, coopérative ou autre forme d'entreprise qui remplit les critères suivants :

  • Définir comme but principal la recherche d'une utilité sociale, et non le partage des bénéfices.
  • Gérer l'entreprise de façon participative et démocratique entre les parties prenantes (salariés, associés, bénéficiaires).
  • Limiter les bénéfices réalisés, lesquels seront ensuite réinvestis dans l'entreprise.

Pour pouvoir bénéficier d'une aide d'État et pour être crédible aux yeux des investisseurs privés, une entreprise de l'ESS doit décrocher l'agrément ESUS (Entreprise solidaire d'utilité sociale). Cet agrément n'est accordé qu'aux entrepreneurs sociaux :

  • Ayant toujours un objectif social.
  • Faisant preuve d'un encadrement équitable des salaires.
  • Investissant au moins les deux tiers de leurs charges d'exploitation dans des activités à caractère social.

Exemples d'entrepreneuriat social

Les idées d'un entrepreneuriat social sont nombreuses et touchent tous les secteurs d'activité. Il suffit que le projet ait une valeur sociale, comme :

  • L'insertion professionnelle des personnes en situation d'exclusion.
  • L'aide aux handicapés et aux personnes à mobilité réduite.
  • L'accès au logement, à la santé ou à l'éducation.
  • L'agriculture biologique.
  • Le recyclage de déchets.

Parmi les nombreux entrepreneurs sociaux, on peut par exemple citer Demain, la nouvelle dénomination de Juratri, qui recycle les déchets électriques et électroniques. Son action écologique est doublée d'un recrutement massif de personnes défavorisées.

Il faut aussi citer Kodiko, fondé en 2016 par Cécile Pierrat Schiever et Maÿlis Dupont. Kodiko est une association ayant pour objectif d'agir concrètement pour l'insertion économique des personnes réfugiées via un programme de mentorat et de formation professionnelle aux réfugiés pour les aider à trouver rapidement un emploi.

Les Jardins de Cocagne : une coopérative maraîchère qui emploie des personnes en situation précaire dans le but d'alimenter les familles adhérentes en paniers bios toutes les semaines ;

Le groupe Up, avec son Chèque Déjeuner : un groupe en restauration qui encourage les employeurs à participer au financement d'au moins la moitié de la valeur des déjeuners de leurs employés.

L'entrepreneuriat social permet de faire naître la valeur sociale ou environnementale au sein des entreprises classiques. Il incite à de nouvelles démarches managériales, notamment celles portant sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) : un contrat de partenariat par exemple, ou un don financier. Notez que le don financier est déductible fiscalement, même chez une entreprise classique.

Celle-ci pourra ainsi récupérer une bonne partie de sa contribution pour une cause sociale. Et puisque les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux biens et services répondant à certaines valeurs, l'économie sociale et solidaire fera désormais partie intégrante du quotidien.

Business plan pour les start-ups

Publication originale le 21 janvier 2020, mise à jour le 21 janvier 2020