Le management transversal casse les barrières de la hiérarchie au sein d'une organisation en instaurant une méthode de gestion plus horizontale. Il se base sur la collaboration de différents services et permet de piloter un projet en s'appuyant sur des équipes aux compétences variées. Ce type de management fait naître une relation tripartite entre le manager hiérarchique, le manager transversal et le collaborateur.

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Si cette nouvelle organisation au service de la productivité présente de nombreux avantages, elle demande néanmoins une phase d'adaptation et une vraie stratégie de conduite du changement.

On retrouve différentes applications du management transversal :

  • La gestion de projet : l'équipe réunit des profils variés et le manager transversal agit en tant que chef d'orchestre. Le projet a un début et une fin.
  • La gestion de processus : le processus en tant que tel n'est pas soumis à une temporalité comme le projet, mais la méthode est similaire.
  • Le groupe de travail : on parle aussi de « task force ». Un groupe de travail est construit de manière ponctuelle pour traiter une problématique bien précise.

 

Avantages et limites du management transversal

 

Dans une entreprise, il n'existe pas d'organisation parfaite. Chaque méthode de gestion a son lot de points forts mais aussi de faiblesses. Le management transversal est intéressant pour décloisonner les services et favoriser leur coopération, en vue d'un objectif commun, mais il nécessite une très grande communication et une organisation sans faille. Ce type de management peut être appliqué ponctuellement, notamment lors du lancement d'un nouveau produit ou d'un nouveau service, par exemple. Dans ce cas précis, l'opération nécessite alors l'intervention du pôle financier, recherche et développement, marketing ou encore commercial, pour mener à bien le lancement.

Les avantages du management transversal

En s'appuyant sur un schéma horizontal et sur la collaboration entre différents départements, le management transversal est une opportunité intéressante pour les salariés et pour l'entreprise. Les employés sont responsabilisés et peuvent prendre part à un projet collectif à fort impact. Du côté employeur, une telle gestion favorise la productivité et la compétitivité : des points essentiels pour rester dans la course, face à une concurrence toujours plus rude.

Unir les compétences pour gagner en agilité et en productivité

Différentes expertises sont nécessaires pour le bon fonctionnement d'une entreprise. Finance, RH, marketing, commerce, SAV : tous ces pôles travaillent généralement chacun de leur côté. Une réalité qui s'amplifie à mesure que les effectifs augmentent. Ces services peuvent parfois, dans les grandes structures, être à deux étages différents ou même dans deux bâtiments distincts. Cette situation ne favorise pas la rencontre et l'échange entre les départements, qui sont pourtant indispensables pour faire émerger de nouvelles idées et pour innover. Chaque domaine d'activité joue un rôle important dans le développement d'une entreprise et se confronter au quotidien professionnel des uns et des autres permet d'avoir une vision globale et d'aller plus loin.

Créer de la cohésion entre les équipes

Le management transversal permet de faire travailler ensemble des équipes qui n'ont pas forcément l'habitude de collaborer. Des interactions se créent et une nouvelle dynamique voit le jour. Pour les salariés, c'est aussi l'occasion de sortir de leur routine, de découvrir de nouvelles méthodes de travail et de développer leurs connaissances et leurs compétences. Ce type de management agit positivement sur la culture de l'entreprise et sur l'ambiance générale.

Faire circuler les informations

En décloisonnant les services, la gestion transversale permet une meilleure circulation des informations au sein de l'entreprise. Les collaborateurs peuvent avoir une vision plus globale et gérer plus facilement des situations complexes. Les décisions sont alors prises en tenant compte de toutes les contraintes des différents métiers : chaque problématique est étudiée sous tous ses angles. La transmission des informations d'un pôle à un autre, c'est aussi l'opportunité de faire circuler les idées.

Booster la motivation et responsabiliser les salariés

Avec le management transversal, les salariés ont la possibilité de prendre des initiatives et de gagner en autonomie. Pas de manager derrière leur dos pour contrôler constamment leur travail et pour leur demander des comptes : c'est à eux de se responsabiliser et de s'organiser efficacement. Cette situation est idéale pour éviter la pression, qui peut être source de stress et donc, de mal-être, pour certains salariés fragiles. Toute cette démarche s'inscrit dans l'amélioration de la qualité de vie au travail : un levier crucial pour garder les employés motivés et engagés.

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Les limites du management transversal

Décloisonnement, coopération, responsabilisation : le management transversal semble n'avoir que des atouts. Pourtant, sa mise en place implique de nombreux bouleversements dans une organisation. La réticence de certaines parties prenantes peut être un frein à la gestion transversale. Pour le manager en question, cela signifie aussi être un électron libre : pas de rattachement à un service et donc, souvent, pas de moyens spécifiques alloués au projet.

Faire face à une lutte de pouvoir

Avec le management en transverse, une tierce personne vient s'immiscer entre le collaborateur et son supérieur hiérarchique direct. Lorsque la communication n'est pas fluide et que l'organisation n'est pas parfaitement rodée, cela peut donner lieu à des conflits et à des incompréhensions. Les deux managers doivent absolument dialoguer et échanger afin que le travail de chacun ne nuise pas à celui de l'autre. Le risque est que l'un prenne l'ascendant sur l'autre et/ou que de la frustration naisse pour l'un des deux.

Manquer de moyens et de ressources

Le concept du management transversal repose sur la coopération de différents services indépendants. Par conséquent, le manager n'est pas forcément rattaché à un pôle précis, du moins dans le cadre du projet qu'il pilote. Il doit donc souvent composer avec les enveloppes budgétaires de chaque département, sans avoir de ressources spécifiquement dédiées à sa mission. L'inventivité et la débrouillardise sont alors de rigueur.

Se confronter à la résistance au changement

L'un des écueils du management transversal est la résistance des collaborateurs. Parfois, ces derniers campent sur leurs positions et refusent de jouer le jeu, en obéissant uniquement au manager de leur service initial. Un obstacle important qui pourra être contourné grâce au leadership du manager transversal et à la communication. En effet, le manager transversal a une mission qui va bien au-delà du management traditionnel : il doit convaincre, et non imposer.

Se heurter à des difficultés de communication

Les codes ne sont pas les mêmes en fonction des métiers. Le manager transversal pourra avoir du mal à collaborer avec certains employés qui ont une expertise éloignée de la sienne ou qui évoluent dans un univers radicalement différent. Il devra faire preuve d'une grande capacité d'adaptation mais aussi d'une réelle ouverture d'esprit, pour trouver sa place au sein des différentes équipes.  

 

Conseils pour appliquer le management transversal

 

Chaque changement important dans l'organisation d'une entreprise se réfléchit, s'anticipe et se prépare. Adopter un management transversal doit donc s'inscrire dans cette démarche. En premier lieu, il est essentiel de choisir la bonne personne : le manager transversal doit avoir certaines qualités. Et pour que ce dernier puisse piloter efficacement son projet, les différents collaborateurs devront aussi fournir des efforts pour s'adapter à cette nouvelle méthode de travail. Il existe cinq grandes priorités à connaître avant d'amorcer une transition vers le management transversal.

Le manager transversal doit avoir du leadership

Le leadership, c'est la capacité à exercer une autorité, qui n'est pas officiellement reconnue. Une qualité qui est donc indispensable pour un manager transversal : sans lien de subordination, il doit remporter l'adhésion des collaborateurs. Son charisme, sa force de conviction et sa capacité à fédérer seront de grands atouts : ils l'aideront à être influent au sein du groupe et à inspirer les salariés.

Les missions doivent être porteuses de sens

Les collaborateurs n'ont pas forcément envie de s'investir dans des projets qui sortent de leurs attributions. Manque de temps ou tout simplement de motivation : si une mission ne leur est pas imposée, difficile d'assurer sa réussite. C'est pour cette raison qu'il est très important que le projet ait du sens aux yeux des salariés. Ces derniers doivent comprendre le rôle qu'ils ont à jouer. L'intérêt individuel doit aussi être mis en avant : ce travail d'équipe est peut-être l'occasion pour eux de monter en compétence. Sur le principe du donnant-donnant, l'employé qui s'engage dans une mission transversale souhaite recevoir quelque chose en retour.

Une phase d'adaptation est à prévoir

Le management transversal ne s'improvise pas du jour au lendemain. Son déploiement demande du temps et de l'énergie. Il est important de se mettre à la place de l'autre, pour bien comprendre les enjeux et les problématiques de chacun : cela requiert de l'empathie et de la diplomatie. Le manager transversal doit s'adapter à différents univers et à des métiers variés, qui sont parfois aux antipodes les uns des autres. Faire collaborer un designer avec un responsable logistique ne tombe pas forcément sous le sens, de prime abord. Pourtant, pour imaginer un nouveau packaging par exemple, le designer devra être au fait des contraintes logistiques de l'entreprise : une coopération qui est donc primordiale.

La reconnaissance du travail joue un rôle fort

La valorisation du travail est capitale pour engager les collaborateurs et leur donner envie de s'impliquer. Encore plus lorsqu'il n'y a aucune relation hiérarchique : les salariés qui effectuent une mission qui sort de leur fiche de poste habituelle auront tendance à rechercher une certaine reconnaissance. Véritable facteur de bien-être et donc, de productivité, le feedback positif est une clé du management transversal.

Des outils collaboratifs doivent être mis en place

 

Les collaborateurs qui ne travaillent pas dans le même service peuvent avoir des difficultés à communiquer et à s'échanger les informations et les ressources. Les outils collaboratifs peuvent pallier cette problématique et simplifier le travail en équipe. Alors que les méthodes diffèrent d'un service à un autre, la mise en place de processus communs est judicieuse pour optimiser l'organisation. Google Drive, HubSpot CRM, Trello ou Slack, par exemple, sont autant de pistes à explorer.

Être un bon manager transversal, somme toute, c'est être doté d'excellentes qualités relationnelles et d'une grande empathie. Véritables leaders nés, ces managers atypiques sont diplomates, organisés et souples. De tels profils sont de vrais moteurs au sein d'une entreprise. Ils permettent de sortir d'un schéma pyramidal souvent contre-productif pour aller vers des méthodes de management plus modernes, qui répondent aux nouvelles attentes des collaborateurs.

 

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Publication originale le 28 septembre 2021, mise à jour le 12 octobre 2021

Sujet(s):

Management