Entreprendre, ce n'est pas nécessairement créer une entreprise en partant de zéro. Racheter une entreprise peut aussi faire partie des options qui s'offrent aux futurs entrepreneurs. D'ailleurs, les étapes pour racheter une entreprise sont tout aussi nombreuses (et parfois fastidieuses) que pour la création d'une toute nouvelle entreprise.

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De la recherche d'une société à racheter au financement du projet de rachat, en passant par les conditions d'acquisition d'une entreprise déjà existante, il est important de bien connaître les démarches avant de se décider à racheter une entreprise.

Qui peut racheter une entreprise ?

Dans les faits, toute personne présentant des motivations sérieuses peut racheter une entreprise dans le but de continuer à la développer. Il est néanmoins vivement conseillé de justifier d'une expérience solide dans l'entrepreneuriat. Le racheteur doit être en mesure de prouver qu'il comprend les enjeux du marché et de l'entreprise en particulier, et qu'il détient un plan de développement de l'affaire qu'il souhaite acquérir.

Quand racheter une entreprise ?

Il n'existe pas de moment idéal pour racheter une entreprise. Légalement, il faut que le capital ou le fonds propre de l'entreprise soient proposés à la vente.

Du côté du racheteur, le bon moment est celui durant lequel le potentiel d'évolution de l'affaire est analysé et confirmé par des chiffres et des statistiques. Le candidat au rachat doit aussi s'assurer qu'il peut réunir toutes les conditions de la prolongation du développement de l'affaire, que ce soit sur le plan purement financier, mais aussi stratégique.

Comment financer un projet de rachat d'entreprise ?

Pour financer un projet de rachat d'entreprise, plusieurs voies sont possibles. Pour le racheteur, le plus simple est d'investir des fonds propres, provenant de ses économies ou d'un emprunt auprès de ses proches, ou bien de faire appel à un crowdfunding. Pour être pertinent lors de la proposition de rachat, ce type de financement doit être de l'ordre de 25 à 30 % du montant total de l'investissement.

Autre possibilité, le candidat au rachat d'entreprise peut mobiliser des aides publiques. Les organismes de financement tels que les chambres de commerce et d'industrie ou les incubateurs d'entreprise constituent des sources sûres d'investissement, puisqu'elles prennent en compte le sérieux du dossier de rachat pour accorder ou non un financement.

Solution plus classique, le racheteur peut avoir recours à un emprunt bancaire, avec ou sans garantie. De la même manière que pour une aide publique, la pertinence du dossier de rachat sera analysée avec attention, mais ce type de financement implique un endettement de la part du racheteur d'entreprise.

Enfin, il est possible de faire appel à des investisseurs au moment de monter un projet de rachat d'entreprise, de la même manière que pour une création d'affaire.

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Où trouver une entreprise à racheter ?

Racheter une entreprise n'est pas aussi répandu que le fait d'en créer une nouvelle à partir d'une idée, d'une étude de marché, puis d'une implantation dans un secteur d'activité. Cependant, les entrepreneurs aguerris sont souvent au fait des projets de cession. Pour ceux qui débutent, il faut mettre en place une routine spécifique afin de ne pas passer à côté d'opportunités d'acquisition intéressantes.

Tout d'abord, le bouche-à-oreille est une méthode qui fonctionne encore très bien dans le cas d'un projet de rachat d'entreprise. Les membres de réseaux d'entrepreneurs sont rapidement informés des intentions de revente des entrepreneurs d'un marché ou d'un secteur en particulier.

Sur Internet, de nombreuses solutions existent également pour identifier les chefs d'entreprise ayant le projet de céder un business. Dans bien des cas, il faut être réactif et présenter rapidement un projet de reprise afin de se positionner par rapport à d'autres racheteurs potentiels. C'est le cas sur les sites d'organismes spécialisés dans la création et la reprise d'entreprise ou encore des plateformes de mise en relation entre les repreneurs et les cédants.

Enfin, un repreneur peut adopter une méthodologie plus directe en contactant directement les entreprises qu'il juge intéressantes pour un rachat (même si ce rachat est encore à l'étape de projet), ou bien en répondant à des annonces de cession.

Les étapes pour racheter une entreprise

Ces étapes permettent de minimiser les risques liés à la reprise d'une affaire ou d'un commerce.

Définir le type d'entreprise à reprendre

La première étape du rachat d'une entreprise consiste à définir le type d'entreprise à reprendre, c'est-à-dire délimiter le périmètre du projet de rachat en déterminant le secteur d'activité, la zone géographique, la taille de l'entreprise, sa clientèle, etc.

Le repreneur doit avant tout cibler un type d'entreprise qui entre en cohérence avec son projet personnel et ses ambitions de développement de l'affaire. C'est une phase essentielle pour renvoyer l'image d'un candidat à la reprise sérieux et motivé.

Débuter la recherche d'opportunités

Une fois que le projet est bien cadré, il faut commencer à partir à la recherche d'une entreprise à reprendre. Lors de cette étape, il est conseillé d'activer le plus de réseaux possible :

  • Annonces.
  • Prospection directe.
  • Plateformes de mise en relation.
  • Réseaux d'entrepreneurs.
  • Organismes de prêt.
  • Etc.

Le bouche-à-oreille est également efficace, étant donné que la reprise d'entreprise se fait généralement à la discrétion des entrepreneurs entre eux.

Identifier une entreprise à racheter

Une fois le projet de reprise précisé et quelques entreprises présélectionnées, le candidat repreneur peut alors se pencher sur une entreprise en particulier. Pour présenter un dossier dans les temps et avoir toutes les chances que le cédant le consulte, il est important de confronter rapidement les caractéristiques de l'entreprise sélectionnée au projet de reprise, au travers d'un diagnostic rapide. L'objectif : évaluer efficacement le niveau d'opportunité.

Rencontrer le cédant

Malgré un éloignement géographique, rencontrer le cédant est essentiel pour se faire une idée du fonctionnement de l'entreprise en conditions réelles. Ce moment doit être considéré par le candidat repreneur comme une opportunité d'obtenir toutes les informations structurelles sur l'entreprise. Si la reprise est prévue avec le maintien des salariés, il est possible de s'entretenir avec eux sur la manière dont la cession leur est présentée et donc de prendre conscience des enjeux de la transition d'un dirigeant à l'autre. En somme, cette rencontre entre le cédant et le candidat à la reprise est indispensable pour jauger le niveau de maturité du projet du côté du cédant et ainsi évaluer l'opportunité de la reprise.

Évaluer l'entreprise et négocier

Au cours de cet échange avec le cédant, le repreneur peut collecter un maximum d'informations sur l'entreprise qu'il a sélectionnée pour son projet de reprise. Ces données sont essentielles pour valider ou non la décision de poursuivre avec cette entreprise. Elles sont également utiles pour commencer à bâtir les fondations du futur business plan.

Pour évaluer l'entreprise à reprendre, l'entrepreneur doit prendre en compte à la fois son capital financier et humain. Après avoir collecté toutes les informations dont il a besoin, il peut passer à la mise en place de diagnostics, de retraitements économiques, puis à l'application des méthodes d'évaluation adaptées.

Rédiger une lettre d'intention

Après avoir mené quelques diagnostics et évaluations d'entreprises (il est en effet rare de trouver une entreprise à reprendre du premier coup), et validé une ébauche de business plan, le repreneur doit formaliser son accord avec le cédant de l'entreprise.

Dans ce processus, il peut être nécessaire d'échanger des informations confidentielles sur le fonctionnement de la structure. Le cédant doit alors s'assurer du sérieux de l'intention du repreneur. Avant d'entrer officiellement en négociation, ce dernier doit donc adresser une lettre d'intention, qui a pour objectif de définir un cadre autour des futures négociations. Elle valide l'intérêt de chaque partie (le cédant, d'une part et le repreneur, d'autre part) pour arriver à trouver un accord. La rédaction de la lettre d'intention marque ainsi le début des formalités officielles de la reprise d'entreprise.

Réaliser des audits

Les audits d'acquisition, aussi appelés due diligence, sont des diagnostics dont le but est d'évaluer plusieurs aspects de la reprise de l'entreprise pour attester de la validité des informations transmises par le cédant. Chaque audit porte sur un enjeu spécifique de reprise. L'ensemble des audits permet d'expertiser le prix de cession afin de mesurer l'opportunité.

Construire un plan de reprise d'entreprise

Le plan de reprise d'entreprise est l'équivalent du plan d'affaires (business plan) pour la création d'une société. Assez formel, ce document indispensable permet de définir la stratégie et les objectifs de la reprise. Son rôle est de démontrer de manière purement objective que le projet de reprise est viable et réaliste. C'est également ce document qu'il faut présenter pour demander un financement auprès d'une banque ou de tout autre organisme de prêt.

Engager les négociations du rachat

Les négociations sur le rachat avec le cédant de l'entreprise ne peuvent avoir lieu qu'une fois que les informations transmises ont été vérifiées et que le repreneur a estimé que ce projet de reprise représente une opportunité intéressante. De ce fait, les négociations ne portent pas sur les fondements de la reprise, mais sur des éléments particuliers, tels que le choix de reprendre uniquement le fonds d'une entreprise (son actif) ou bien ses titres (son actif et son passif). Cet exemple illustre bien l'équilibre à trouver entre ce qu'ont à gagner respectivement le cédant et le repreneur. L'issue des négociations a un impact direct sur le montage juridique de la reprise. Il est donc essentiel de les organiser avant la mise en œuvre des formalités administratives.

Passer au montage juridique

Le montage consiste à conserver ou à modifier le statut de l'entreprise, qui change de fait de propriétaire. Suivant la forme juridique de l'entreprise, les conditions de reprise ne sont pas les mêmes. Par exemple, lors du rachat d'une entreprise individuelle, il n'est possible d'acquérir que son actif, c'est-à-dire son fonds de commerce ou son fonds artisanal.

Contrairement à la création d'une entreprise, le montage juridique de la reprise d'une société ne dépend pas que d'un seul acteur. Il consiste plutôt en un jeu de diplomatie entre le candidat repreneur et le cédant.

Mettre en œuvre les formalités du rachat d'entreprise

Les formalités administratives du rachat d'entreprise débutent dès lors qu'un protocole d'accord a été signé. Ce document juridique reprend à l'écrit tous les points de la négociation et formalise légalement l'accord qui a été trouvé entre les deux parties (les conditions et modalités de reprise).

Si des financeurs ont été sollicités, les fonds correspondant à l'emprunt ou au don peuvent être débloqués dès la signature du protocole d'accord. Le repreneur et le cédant signent ensuite l'acte de cession définitive.

Par la suite, les formalités administratives sont semblables à celles d'une création d'entreprise avec, en complément, la reprise des titres de société et du fonds de commerce ou d'artisanat.

 

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Publication originale le 17 août 2021, mise à jour le 12 novembre 2021

Sujet(s):

Entrepreneuriat