Marketing, vente, management, gestion de projet : toute discipline a ses fondamentaux. Cette règle vaut aussi pour le développement. Le succès de la méthode agile est la conséquence naturelle de l'application de ces fondamentaux.

Travailler selon les principes agiles implique de savoir faire face aux changements et aux points d'achoppement que leur mise en place va engendrer. Voici tout ce qu'il y a à savoir sur le concept et les piliers de la méthode agile.

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Exemple de gestion de projet agile

Pour illustrer la gestion de projet agile, voici un exemple concret.

Il s'agit d'une entreprise spécialisée dans la création de meuble en bois. En appliquant la méthode agile, la première chose à faire est de définir le cadre du projet, à savoir l'objectif et les exigences qui y sont liés. Ici, l'objectif pourrait être : créer une nouvelle gamme de meubles en bois. Et les exigences : limiter le coût de fabrication à 1 000 € par meuble. 

Ensuite, il faut préparer le backlog, c'est-à-dire lister les actions à réaliser pour atteindre l'objectif final et les mettre par ordre de priorité. À cette étape, il est important de prendre en compte les retours des clients pour coller au plus proche de leur besoin. Par exemple, en discutant avec eux, l'entreprise peut se rendre compte que certains recherchent des modèles de meubles particuliers. Il peut ressortir que 50 % d'entre eux recherchent des étagères, 30 % des tables rectangles, et 10 % des meubles de cuisine. Ces informations sont précieuses pour prioriser les actions et choisir sur quoi se concentrer pendant la durée du sprint. Ici, la demande est plus forte pour les étagères, il convient de se concentrer sur ce type de produit. Il faut donc décomposer cette demande en une succession de tâches dans le backlog.

Une fois ces tâches définies, il faut travailler sur chacune d'entre elles pendant le sprint. Pendant celui-ci, il est important d'organiser des réunions quotidiennes de 15 minutes (des mêlées ou scrum) avec l'équipe. Celle-ci explique les missions qu'elles ont terminées, celles qu'elles prévoient de faire et les potentiels obstacles rencontrés. À la fin du sprint, l'entreprise doit être capable de présenter un modèle d'étagère.

Une fois que l'étagère est présentée en magasin, il est désormais temps de récolter les retours des clients. Ceux-ci déterminent les tâches sur lesquelles travailler lors des futurs sprints. Il convient de les ajouter dans le backlog et de recommencer le processus pour améliorer le produit.

 

Pourquoi choisir la méthode agile ?

Le rapport de HubSpot sur la croissance des agences marketing révèle que de nombreuses agences estiment manquer de compétences en matière de gestion de projet.

Les difficultés liées à la gestion du temps et des ressources font quotidiennement obstacle à leur croissance. Environ 20 % des agences interrogées n'ont jamais adopté de logiciel de gestion de projet. En conséquence, 43 % d'entre elles manquent de temps pour traiter des tâches internes essentielles comme le recrutement, la prospection, ou encore l'accompagnement des clients.

L'absence d'une approche agile entrave le développement des ventes et du marketing pour 55 % des agences, et 24 % d'entre elles peinent à se différencier sur leur marché. Enfin, pour 18 % des agences, le manque de processus et d'organisation est source de perte de clients.

Le rapport Pulse of profession 2021, publié par l'Institut du management de projet et notamment basé sur les réponses de 716 professionnels de la gestion de projet au niveau européen, indique, quant à lui, que seules 48 % des organisations interrogées ont recours à des méthodes agiles dans le panel de leurs approches du management.

Pourtant, de l'avis des répondants, toute méthode de pilotage confondue, seules celles respectant une approche formelle permettent d'atteindre les résultats attendus, à la fois en termes d'objectifs, de délais et de budget.

Voici les avantages à utiliser la méthode agile.

 

Gagner en flexibilité

Le principal avantage de la méthode agile est sa flexibilité. Les clients prennent part au projet et apportent leurs retours au fur et à mesure. Grâce à une gestion agile, les équipes ont la possibilité de réagir rapidement, de gérer les priorités et d'apporter les améliorations nécessaires pour aboutir au meilleur résultat. Elles sont donc capables de s'adapter à leur environnement.

Le rapport Pulse of profession 2021 appuie cet argument : un grand nombre de participants se dit conscient de la nécessité de savoir gérer les changements en cours de projet, et 19 % voient dans l'approche agile un facteur clé de réussite.

 

Améliorer la relation client

La méthode agile implique une collaboration étroite entre le client et les équipes. En effet, le client est, dès le début du projet, investi et livre ses feedbacks pour faire avancer le projet dans le bon sens. Il possède une vision claire et précise sur l'avancement du projet et peut l'ajuster selon ses besoins. Une relation de confiance s'établit alors, ce qui renforce le lien entre les deux entités.

La 15e enquête annuelle sur l'état de l'agilité, menée par Collabnet Versionone, qui se concentre sur les entreprises de plus de 1 000 collaborateurs, rapporte que 49 % des sondés estiment que cela leur permet d'améliorer la satisfaction client.

 

Respecter les délais

Le développement étant découpé en différentes phases (sprints), il est plus simple de respecter un planning et un délai de livraison réaliste, plutôt que de vouloir livrer le projet en une seule fois.

En plus, la livraison régulière des projets, des tests et l'intégration des feedbacks participe à augmenter la qualité du produit final, qui répondra parfaitement aux attentes du client.

 

Contrôler le budget du projet

Un cahier des charges est établi dès le début du projet avec un budget global. À la fin de chaque sprint, le client est averti du budget dépensé et de la somme restante. En utilisant une gestion agile, il n'y a pas de mauvaise surprise à la fin du projet concernant le coût du projet. Le budget peut être adapté en fonction des fonds disponibles.

 

Comment la méthode agile a-t-elle été créée ?

La méthode agile a été créée pour pallier les limites de la méthode en cascade, modèle prédominant dans les années 80 et 90. Celle-ci consistait à terminer une étape avant de commencer la suivante. Mais peu à peu, les développeurs logiciels remarquent que les cycles de production et les modes de collaboration en cascade ne donnaient pas le résultat attendu. De plus, la lenteur de la réalisation des développements de logiciel provoque une crise du domaine informatique dans les années 90. Ils se sont donc penchés sur une approche différenciée.

C'est également dans les années 90 que Jon Kern, frustré par la lenteur et la rigidité de la méthodologie en cascade, recherche une approche plus rapide et flexible de création de logiciels. 17 leaders d'opinion du domaine se rencontrent alors de façon informelle pour en discuter et trouver une solution. Ils souhaitent pouvoir développer des logiciels plus simplement, sans surcharge de processus et de documentation. Cette réunion de Snowbird début 2001 est à l'origine de la rédaction du Manifeste agile. La méthode agile voit alors le jour et ne fait que se développer depuis.

 

Quelles sont les 4 valeurs fondamentales de la méthode agile ?

Dans le Manifeste Agile, les quatre valeurs de la méthode agile sont :

  1. Les individus et leurs interactions aux processus et aux outils.
  2. Les solutions opérationnelles à la documentation exhaustive.
  3. La collaboration avec le client aux négociations contractuelles.
  4. La réponse au changement plutôt que le respect du plan.

Communication directe, résolution concrète et empirique des problèmes, co-construction avec le client et adaptabilité sont donc les maîtres-mots de ce cadre méthodologique. Ce n'est qu'au prix du respect de ces valeurs, qu'il est possible d'instaurer les bases saines et efficientes d'une gestion de projet agile.

 

Quelles sont les différentes méthodes agiles ?

Les méthodes basées sur les itérations et l'agile ont commencé à se développer avant 2001. Cependant, le Manifeste agile définit les valeurs et principes fondamentaux de cette méthodologie. Il existe donc différents cadres dans lesquels se sont développées les variantes présentées ici.

 

1. La méthode Scrum

La méthode Scrum ou « mêlée » en rugby est la plus populaire des variations de la méthode agile, a été théorisée avant le manifeste, mais en applique les principes. Elle s'est développée dans le domaine de l'informatique et dans les environnements commerciaux.

Scrum est basée sur des itérations courtes (1 mois maximum), appelées sprint, un formalisme réduit, une implication étroite du client et une gestion dynamique du projet. La planification, l'estimation des efforts à fournir et les changements de périmètre se font au début de chaque sprint. Le développement du projet implique la livraison constante de protocoles exploitables pour la validation des différentes étapes au fur et à mesure du déroulé des sprints.

 

2. L'eXtreme Programming ou XP

C'est une méthode qui aspire à réduire les dépenses liées aux modifications apportées au projet. Pour ce faire, elle se base sur la simplicité, la souplesse et la satisfaction continue du client. Pour améliorer en permanence le produit, des tests systématiques sont réalisés pour générer des critiques qui, par leur prise en compte immédiate, entraînent des changements et aménagements. La conception du projet se fait ainsi en continu sur la base des évolutions des exigences clients. Cette méthodologie est adaptable à des entreprises et des projets de différentes tailles.

 

2. La méthode Kanban

Celle-ci a été inspirée par une approche conceptualisée, tout d'abord, dans l'industrie automobile japonaise au cours des années 50. Elle s'est développée pour améliorer les workflows des équipes et adapter leur volume de travail au cours de la réalisation d'un projet. Techniquement, il s'agit de représenter les tâches dans les lignes d'un tableau Kanban, ou chaque colonne indique l'avancement de l'exécution de travaux. Elle sert à visualiser les flux de travail, leurs priorisations et leurs accomplissements.

 

3. La méthode Rational Unified Process (RUP)

Il s'agit d'une méthode hybride mélange d'approches traditionnelle et agile. Étant donné son coût élevé et sa potentielle lourdeur, elle doit être principalement affectée aux projets de grande taille. Cette méthodologie repose sur des itérations conçues en cycles décomposés en 4 phases : lancement, conception, réalisation, livraison. Lors de chaque phase, toutes les parties prenantes sont engagées dans les discussions, mais à des niveaux différents. L'idée étant de s'adresser aux multiples acteurs du projet le plus en amont possible. Le déploiement du projet est basé sur des cas pratiques, les fonctionnalités sont définies de la plus générique à la plus spécifique.

Toutes les méthodes présentées ici peuvent être combinées entre elles pour atteindre une organisation au plus proche des principes de la méthodologie définie dans le manifeste.

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Principe n° 1 : satisfaire le client en livrant régulièrement de nouvelles fonctionnalités

Un logiciel n'est pas une fin en soi, mais un instrument développé en réponse aux besoins de l'utilisateur final : effectuer de nouvelles tâches, résoudre un problème ou encore gagner en efficacité. Or, cette priorité est bien souvent perdue de vue.

Les besoins du client final doivent guider tout le processus de développement. Le meilleur moyen d'y parvenir consiste à collecter les avis des clients aussi souvent que possible, et d'y répondre par le biais de petites mises à jour fréquentes.

Si le client est impliqué, les risques de dérive et d'insatisfaction seront minimisés.

 

Principe n° 2 : accueillir positivement les changements de besoin

Les processus agiles mettent le changement au service de l'avantage concurrentiel du client. C'est pourquoi ils préconisent d'alléger en amont la planification et la définition du besoin : celui-ci évoluera probablement tout au long du projet.

Il faut être en mesure d'absorber l'imprévu. Les modifications peuvent être apportées immédiatement, sans refondre la conception ou le système.

Même à un stade avancé dans le processus de développement, le délai entre la conception et l'implémentation d'une modification doit être aussi court que possible.

 

Principe n° 3 : livrer un logiciel opérationnel, avec une préférence pour les cycles de développement courts

Les méthodes de développement antérieures exigeaient une documentation conséquente, visant à répondre a priori à tous les besoins formulés. Bien souvent, le volume de la documentation était inversement proportionnel à la qualité du livrable.

Encore une fois, la gestion de projet agile s'attache pour sa part à minimiser le délai entre planification et livraison, afin de gagner en efficacité. L'objectif de chaque itération est bien de fournir une version opérationnelle et améliorée du projet.

La durée des phases de développement aura peut-être besoin d'être ajustée en fonction de la capacité des développeurs à remplir cet objectif, mais aussi du client ou de l'utilisateur à valider dans les temps les incréments proposés.

 

Principe n° 4 : encourager une collaboration continue entre développeurs et utilisateurs

Ce principe est d'autant plus crucial qu'il est rarement mis en pratique. Le meilleur moyen de l'appliquer consiste à partager un même espace de travail. En cas de télétravail, il existe pléthore d'outils pour communiquer facilement.

Plus les différentes équipes communiquent entre elles par des échanges clairs, plus elles maximisent la compréhension mutuelle et la productivité.

 

Principe n° 5 : réaliser les projets avec des personnes motivées

La gestion de projet agile ne laisse aucune place au micro-management. Les équipes doivent être autogérées et autonomes.

Ainsi, il est essentiel de faire appel à des professionnels de confiance, susceptibles d'atteindre les objectifs du projet tout en garantissant un environnement de travail optimal.

 

Principe n° 6 : favoriser le dialogue en face-à-face pour communiquer simplement et efficacement

Il s'agit de répondre aux questions le plus rapidement possible. Des équipiers regroupés, ou qui respectent les mêmes horaires en cas de télétravail, y parviennent plus aisément.

Travailler ensemble, physiquement ou virtuellement, permet de poser des questions, d'apporter des suggestions et de communiquer de manière directe et instantanée.

 

Principe n° 7 : mesurer les progrès en fonction de la qualité opérationnelle du logiciel

Pour évaluer les performances d'une équipe de développement agile, la première chose est de savoir si le logiciel fonctionne correctement. L'objectif est de toujours disposer d'un logiciel opérationnel et les autres indicateurs doivent être subordonnés à cette priorité.

 

Principe n° 8 : adopter un rythme de développement soutenable dans la durée

En raison de la très longue durée de certains projets, le burn-out est un risque sérieux au sein des équipes agiles. Pour l'éviter, un fonctionnement par brèves périodes d'intense productivité doit être privilégié.

En effet, sur le long terme, les heures supplémentaires répétées mettent en péril la qualité du projet et la santé des collaborateurs. Le rythme de développement est adapté lorsqu'il procure un sentiment de travail bien fait aux membres de l'équipe.

 

Principe n° 9 : prêter une attention continue à l'excellence technique et à la qualité de la conception afin de renforcer l'agilité

Agile exclut la conception intégrale des fonctionnalités en début de projet. Cela ne veut pas dire pas de conception du tout. La méthode préconise de se questionner, au fur et à mesure, avant chaque étape de codage, afin de garantir la cohérence globale du développement.

De plus, le nettoyage du code doit être assidu. Chaque itération est l'occasion de l'améliorer et de l'épurer. Avec la méthodologie agile, il est recommandé d'investir dans des outils scrum pertinents. Optimiser la qualité du code au cours du développement permet de gagner en efficacité et d'améliorer la satisfaction client.

 

Principe n° 10 : privilégier la simplicité

Là encore, il s'agit de passer le plus rapidement possible de l'analyse du problème à la solution. Le fractionnement du projet et une vision étape par étape simplifient le processus de travail.

Par ailleurs, procrastination et dispersion sont proscrites. Les outils de gestion de projet comme Dashable, Trello et InVision permettent aux équipes de suivre leur temps de travail de manière simple et ludique pour contourner ces obstacles.

 

Principe n° 11 : faire confiance à l'auto-organisation pour voir émerger les meilleures architectures, spécifications et conceptions

Une équipe de développement agile est autogérée et autonome. Chaque membre de l'équipe est ainsi en mesure de résoudre les problèmes, de surmonter les obstacles et d'inventer des solutions. Dans ce contexte, toute forme de micro-management doit alerter, car elle signale un dysfonctionnement.

 

Principe n° 12 : analyser et adapter

Cet ultime principe est absolument fondamental. À intervalles réguliers, une équipe agile doit réfléchir aux moyens de devenir plus efficace, puis modifier son comportement en conséquence. Si des opportunités d'amélioration surgissent, elles doivent être saisies. D'où l'importance des rétrospectives en fin d'itération. L'adaptation est le propre d'une méthode agile, c'est d'ailleurs la principale différence agile/cycle en V.

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Publication originale le 24 janvier 2023, mise à jour le 24 janvier 2023

Sujet(s):

Gestion de projet