Marketing, vente, management, gestion de projet : toute discipline a ses fondamentaux. Impossible de construire un projet sans s'appuyer sur un processus solidement établi. Cette règle vaut pour le développement. Le succès de la méthode agile n'est affaire ni de magie ni de mystère. Il est la conséquence naturelle de l'application de ces fondamentaux.

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Travailler selon les principes agiles implique de savoir faire face aux changements et aux points d'achoppement que leur mise en place va inexorablement engendrer. En effet, ce système de pilotage de projet est très différent d'une gestion en cascade, et, a fortiori, de l'absence de gestion. Retrouvez dans ce guide le concept et les piliers de la méthode agile. Dans l'urgence quotidienne de la gestion de projet, les principes de base ont tôt fait d'être oubliés.

Sommaire

Qu'est-ce que la gestion de projet agile ?

Les origines de la méthode agile

Les 4 valeurs fondamentales de la méthode agile

La division du projet

Les différentes méthodes agiles

Les 12 principes de la méthode agile

Revenir aux bases

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Qu'est-ce que la gestion de projet agile ?

La méthode agile se focalise sur le développement rapide de nouveaux logiciels et fonctionnalités par une équipe flexible et efficace. Plutôt que de déployer des mises à jour ambitieuses, l'équipe adopte des cycles de développement courts, des itérations, de manière à résoudre les problèmes progressivement, grâce aux nombreux feedbacks, dans un souci d'amélioration continue et soutenue.

Le rapport de HubSpot sur la croissance des agences marketing révèle que de nombreuses agences estiment manquer de compétences en matière de gestion de projet.

Les difficultés liées à la gestion du temps et des ressources font quotidiennement obstacle à leur croissance. Environ 20 % des agences interrogées n'ont jamais adopté de logiciel de gestion de projet. En conséquence, 43 % d'entre elles manquent de temps pour traiter des tâches internes essentielles comme le recrutement, la prospection, ou encore l'accompagnement des clients.

L'absence d'une approche agile entrave le développement des ventes et du marketing pour 55 % des agences, et 24 % d'entre elles peinent à se différencier sur leur marché. Enfin, pour 18 % des agences, le manque de processus et d'organisation est source de perte de clients. Ainsi, de nombreuses agences s'intéressent aujourd'hui à la gestion de projet agile.

Le rapport Pulse of profession 2021, publié par l'Institut du management de projet et notamment basé sur les réponses de 716 professionnels de la gestion de projet au niveau européen, indique, quant à lui, que seules 48 % des organisations interrogées ont recours à des méthodes agiles dans le panel de leurs approches du management.

Pourtant, de l'avis des répondants, toute méthode de pilotage confondue, seules celles respectant une approche formelle permettent d'atteindre les résultats attendus, à la fois en termes d'objectifs, de délais et de budget.

Un grand nombre de participants se dit conscient de la nécessité de savoir gérer les changements en cours de projet, et 19 % voient dans l'approche agile un facteur clé de réussite. En outre, 8 % disent « toujours » la privilégier, quand 65 % la choisissent « parfois » ou « souvent ». Ils sont 71 % à témoigner de son utilisation accrue depuis 2013.

Enfin, la 15e enquête annuelle sur l'état de l'agilité, menée par Collabnet Versionone, qui se concentre sur les entreprises de plus de 1 000 collaborateurs, rapporte l'intérêt économique que représente l'agilité : 64 % des sondés indiquent se tourner vers ce mode de gestion afin d'améliorer la gestion de l'évolution des priorités et 49 % estiment que cela leur permet d'améliorer la satisfaction client.

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Les origines de la méthode agile

L'histoire des méthodes de travail liées à la création de logiciels commence bien avant la rédaction du Manifeste agile. Le modèle prédominant dans les années 80 et 90 est la méthode en cascade. Elle est héritée de l'ingénierie civile et mécanique. Le principe est alors de terminer une étape avant de commencer la suivante. Sa conception de base devait permettre une certaine souplesse et quelques possibilités de retour sur une étape antérieure pour ajustement, mais les exigences des calendriers et des budgets n'ont pas permis ces arrangements. Cette méthode se fonde davantage sur la planification et la documentation que sur le rendu de logiciels fonctionnels.

Le problème des projets de développement de logiciels réside alors dans le fait qu'ils s'avèrent beaucoup moins stables que ceux de l'ingénierie civile. Beaucoup pensent donc que ce type de programme nécessite une approche différenciée. De plus, la lenteur de la réalisation des développements de logiciel provoque une crise du domaine informatique dans les années 90. Elles verront donc se développer de multiples alternatives à la méthodologie en cascade. Le ministère de la Défense américain, notamment, développera son propre langage de programmation. Puis, de nombreuses autres approches se baseront sur les itérations et sur l'agile. Pour exemple, se déploieront alors les méthodologies en spirale, Scrum ou XP.

C'est également dans les années 90 que Jon Kern, frustré par la lenteur et la rigidité de la méthodologie en cascade, recherche une approche plus rapide et flexible de création de logiciels. 17 leaders d'opinion du domaine se rencontrent alors de façon informelle pour en discuter et trouver une solution. Ils souhaitent pouvoir développer des logiciels plus simplement, sans surcharge de processus et de documentation. Cette réunion de Snowbird début 2001 est à l'origine de la rédaction du Manifeste agile. Il s'agit alors de la déclaration la plus claire et succincte des approches basées sur les itérations, en antithèse de la méthodologie en cascade. La clarté et la précision de ce texte en font la profession de foi de tout développement ultérieur de logiciels agiles. La méthode agile voit alors le jour et ne fait que se développer depuis.

 

Les 4 valeurs fondamentales de la méthode agile

Les études statistiques attestent en partie des avantages qu'offre cette approche. Mais qu'en est-il dans la pratique ?

Pour commencer, il est primordial d'appréhender les quatre valeurs socles sur lesquelles repose son efficacité et décrites dans le Manifeste agile.

Ce document a été établi par 17 développeurs au cours d'un séjour aux États-Unis. Le but de leur réflexion collective était d'identifier et de poser les fondamentaux de la méthodologie agile, visant à optimiser le développement de logiciels, mais aussi de diffuser ces bonnes pratiques le plus largement possible.

La méthode agile préfère :

  1. Les individus et leurs interactions aux processus et aux outils.
  2. Les solutions opérationnelles à la documentation exhaustive.
  3. La collaboration avec le client aux négociations contractuelles.
  4. La réponse au changement plutôt que le respect du plan.

Communication directe, résolution concrète et empirique des problèmes, co-construction avec le client et adaptabilité sont donc les maîtres-mots de ce cadre méthodologique. Ce n'est qu'au prix du respect de ces valeurs, qu'il est possible d'instaurer les bases saines et efficientes d'une gestion de projet agile.

 

La division du projet

Autre aspect phare : la division du projet. La gestion agile tire sa souplesse et sa résilience du fractionnement du travail à fournir en de multiples tâches. Pour débuter correctement avec la méthode agile, il est donc nécessaire d'apprendre à segmenter.

Le projet est découpé en sous-projets et en sous-objectifs. Ceux-ci s'enchaînent à mesure que les précédents prennent fin. Entre deux sous-projets, l'équipe analyse la phase achevée afin d'adapter la suite de « l'itinéraire ». Cela s'appelle : fonctionner par itération.

 

Définition d'une itération

En gestion de projet, une itération est une phase de développement et d'avancement concret du projet, qui revient à un rythme régulier et préalablement défini.

En plus des quatre valeurs, cette méthodologie repose sur 12 principes de base, eux aussi déclinés dans le Manifeste agile.

 

Les différentes méthodes agiles

Les méthodes basées sur les itérations et l'agile ont commencé à se développer avant 2001. Cependant, le Manifeste agile définit les valeurs et principes fondamentaux de cette méthodologie. Il existe donc différents cadres dans lesquels se sont développées les variantes présentées ici.

La méthode Scrum (« mêlée » en rugby), la plus populaire des variations de la méthode agile, a été théorisée avant le manifeste, mais en applique les principes. Elle s'est développée dans le domaine de l'informatique et dans les environnements commerciaux. Scrum est basée sur des itérations courtes (1 mois maximum), appelées sprint, un formalisme réduit, une implication étroite du client et une gestion dynamique du projet. La planification, l'estimation des efforts à fournir et les changements de périmètre se font au début de chaque sprint. Le développement du projet implique la livraison constante de protocoles exploitables pour la validation des différentes étapes au fur et à mesure du déroulé des sprints.

L'eXtreme Programming ou XP est une méthode qui aspire à réduire les dépenses liées aux modifications apportées au projet. Pour ce faire, elle se base sur la simplicité, la souplesse et la satisfaction continue du client. Pour améliorer en permanence le produit, des tests systématiques sont réalisés pour générer des critiques qui, par leur prise en compte immédiate, entrainent des changements et aménagements. La conception du projet se fait ainsi en continu sur la base des évolutions des exigences clients. Cette méthodologie est adaptable à des entreprises et des projets de différentes tailles.

La méthode Kanban a été inspirée par une approche conceptualisée, tout d'abord, dans l'industrie automobile japonaise au cours des années 50. Elle s'est développée pour améliorer les workflows des équipes et adapter leur volume de travail au cours de la réalisation d'un projet. Techniquement, il s'agit de représenter les tâches dans les lignes d'un tableau Kanban, ou chaque colonne indique l'avancement de l'exécution de travaux. Elle sert à visualiser les flux de travail, leurs priorisations et leurs accomplissements.

La méthode Rational Unified Process (RUP) est une méthode hybride mélange d'approches traditionnelle et agile. Étant donné son coût élevé et sa potentielle lourdeur, elle doit être principalement affectée aux projets de grande taille. Cette méthodologie repose sur des itérations conçues en cycles décomposés en 4 phases : lancement, conception, réalisation, livraison. Lors de chaque phase, toutes les parties prenantes sont engagées dans les discussions, mais à des niveaux différents. L'idée étant de s'adresser aux multiples acteurs du projet le plus en amont possible. Le déploiement du projet est basé sur des cas pratiques, les fonctionnalités sont définies de la plus générique à la plus spécifique.

Toutes les méthodes présentées ici peuvent être combinées entre elles pour atteindre une organisation au plus proche des principes de la méthodologie définie dans le manifeste.

 

Les 12 principes de la méthode agile

  1. Satisfaire le client en livrant régulièrement de nouvelles fonctionnalités.
  2. Accueillir positivement les changements de besoin.
  3. Livrer un logiciel opérationnel, avec une préférence pour les cycles de développement courts.
  4. Encourager une collaboration continue entre développeurs et utilisateurs.
  5. Réaliser les projets avec des personnes motivées.
  6. Favoriser le dialogue en face-à-face pour communiquer simplement et efficacement.
  7. Mesurer les progrès en fonction de la qualité opérationnelle du logiciel.
  8. Adopter un rythme de développement soutenable dans la durée.
  9. Prêter une attention continue à l'excellence technique et à la qualité de la conception afin de renforcer l'agilité.
  10. Prioriser la simplicité.
  11. Faire confiance à l'auto-organisation pour voir émerger les meilleures architectures, spécifications et conceptions.
  12. Analyser et adapter.

 

Principe n° 1 : satisfaire le client en livrant régulièrement de nouvelles fonctionnalités

Un logiciel n'est pas une fin en soi, mais un instrument développé en réponse aux besoins de l'utilisateur final : effectuer de nouvelles tâches, résoudre un problème ou encore gagner en efficacité. Or, cette priorité est bien souvent perdue de vue.

Les besoins du client final doivent guider tout le processus de développement. Le meilleur moyen d'y parvenir consiste à collecter les avis des clients aussi souvent que possible, et d'y répondre par le biais de petites mises à jour fréquentes.

Si le client est impliqué, les risques de dérive et d'insatisfaction seront minimisés.

 

Principe n° 2 : accueillir positivement les changements de besoin

Les processus agiles mettent le changement au service de l'avantage concurrentiel du client. C'est pourquoi ils préconisent d'alléger en amont la planification et la définition du besoin : celui-ci évoluera probablement tout au long du projet.

Il faut être en mesure d'absorber l'imprévu. Les modifications peuvent être apportées immédiatement, sans refondre la conception ou le système.

Même à un stade avancé dans le processus de développement, le délai entre la conception et l'implémentation d'une modification doit être aussi court que possible.

 

Principe n° 3 : livrer un logiciel opérationnel, avec une préférence pour les cycles de développement courts

Les méthodes de développement antérieures exigeaient une documentation conséquente, visant à répondre a priori à tous les besoins formulés. Bien souvent, le volume de la documentation était inversement proportionnel à la qualité du livrable.

Encore une fois, la gestion de projet agile s'attache pour sa part à minimiser le délai entre planification et livraison, afin de gagner en efficacité. L'objectif de chaque itération est bien de fournir une version opérationnelle et améliorée du projet.

La durée des phases de développement aura peut-être besoin d'être ajustée en fonction de la capacité des développeurs à remplir cet objectif, mais aussi du client ou de l'utilisateur à valider dans les temps les incréments proposés.

 

Principe n° 4 : encourager une collaboration continue entre développeurs et utilisateurs

Ce principe est d'autant plus crucial qu'il est rarement mis en pratique. Le meilleur moyen de l'appliquer consiste à partager un même espace de travail. En cas de télétravail, il existe pléthore d'outils pour communiquer facilement.

Plus les différentes équipes communiquent entre elles par des échanges clairs, plus elles maximisent la compréhension mutuelle et la productivité.

 

Principe n° 5 : réaliser les projets avec des personnes motivées

La gestion de projet agile ne laisse aucune place au micro-management. Les équipes doivent être autogérées et autonomes.

Ainsi, il est essentiel de faire appel à des professionnels de confiance, susceptibles d'atteindre les objectifs du projet tout en garantissant un environnement de travail optimal.

 

Principe n° 6 : favoriser le dialogue en face-à-face pour communiquer simplement et efficacement

Il s'agit de répondre aux questions le plus rapidement possible. Des équipiers regroupés, ou qui respectent les mêmes horaires en cas de télétravail, y parviennent plus aisément.

Travailler ensemble, physiquement ou virtuellement, permet de poser des questions, d'apporter des suggestions et de communiquer de manière directe et instantanée.

 

Principe n° 7 : mesurer les progrès en fonction de la qualité opérationnelle du logiciel

Pour évaluer les performances d'une équipe de développement agile, la première chose est de savoir si le logiciel fonctionne correctement. L'objectif est de toujours disposer d'un logiciel opérationnel et les autres indicateurs doivent être subordonnés à cette priorité.

 

Principe n° 8 : adopter un rythme de développement soutenable dans la durée

En raison de la très longue durée de certains projets, le burn-out est un risque sérieux au sein des équipes agiles. Pour l'éviter, un fonctionnement par brèves périodes d'intense productivité doit être privilégié.

En effet, sur le long terme, les heures supplémentaires répétées mettent en péril la qualité du projet et la santé des collaborateurs. Le rythme de développement est adapté lorsqu'il procure un sentiment de travail bien fait aux membres de l'équipe.

 

Principe n° 9 : prêter une attention continue à l'excellence technique et à la qualité de la conception afin de renforcer l'agilité

Agile exclut la conception intégrale des fonctionnalités en début de projet. Cela ne veut pas dire pas de conception du tout. La méthode préconise de se questionner, au fur et à mesure, avant chaque étape de codage, afin de garantir la cohérence globale du développement.

De plus, le nettoyage du code doit être assidu. Chaque itération est l'occasion de l'améliorer et de l'épurer. Avec la méthodologie agile, il est recommandé d'investir dans des outils scrum pertinents. Optimiser la qualité du code au cours du développement permet de gagner en efficacité et d'améliorer la satisfaction client.

 

Principe n° 10 : privilégier la simplicité

Là encore, il s'agit de passer le plus rapidement possible de l'analyse du problème à la solution. Le fractionnement du projet et une vision étape par étape simplifient le processus de travail.

Par ailleurs, procrastination et dispersion sont proscrites. Les outils de gestion de projet comme Dashable, Trello et InVision permettent aux équipes de suivre leur temps de travail de manière simple et ludique pour contourner ces obstacles.

 

Principe n° 11 : faire confiance à l'auto-organisation pour voir émerger les meilleures architectures, spécifications et conceptions

Une équipe de développement agile est autogérée et autonome. Chaque membre de l'équipe est ainsi en mesure de résoudre les problèmes, de surmonter les obstacles et d'inventer des solutions. Dans ce contexte, toute forme de micro-management doit alerter, car elle signale un dysfonctionnement.

 

Principe n° 12 : analyser et adapter

Cet ultime principe est absolument fondamental. À intervalles réguliers, une équipe agile doit réfléchir aux moyens de devenir plus efficace, puis modifier son comportement en conséquence. Si des opportunités d'amélioration surgissent, elles doivent être saisies. D'où l'importance des rétrospectives en fin d'itération. L'adaptation est le propre d'une méthode agile, c'est d'ailleurs la principale différence agile/cycle en V.

 

Revenir aux bases

Au milieu d'un projet agile, il est facile de se laisser distraire par l'urgence d'un environnement en constante évolution. Mal maîtriser ou oublier les fondamentaux conduit cependant à la dérive du projet. Pour exploiter tout le potentiel de la méthodologie agile, il est donc important de constamment revenir à ses valeurs et principes premiers.

 

Pour aller plus loin, téléchargez ce guide gratuit et optimisez votre gestion de projet en adoptant la méthode et les outils qui correspondent le mieux à votre activité.

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Publication originale le 4 juillet 2022, mise à jour le 04 juillet 2022

Sujet(s):

Gestion de projet