Intégrer un incubateur d'entreprises, c'est le choix que font de plus en plus de nouvelles sociétés en France. Cependant, si cette solution peut effectivement faciliter le lancement d'une activité, la structure doit être choisie avec soin. Des conditions d'admission spécifiques doivent également être remplies dans certains cas : voici 8 grands incubateurs français pour y voir plus clair.

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Numa

Premier incubateur d'entreprises créé à Paris, Numa s'est taillé une solide réputation grâce à la qualité de son accompagnement. Au fil des années, il s'est même implanté dans d'autres métropoles dont Berlin et Bengalore (« capitale » de la haute technologie en Inde). Très intense, l'accompagnement se déroule sur 3 mois. Il comprend principalement :

  • Des formations pour aider les startupers à optimiser leur business plan, à réaliser de bonnes études de marché, à développer leur stratégie de communication et de marketing digital, à appliquer les méthodes agiles, etc.

  • Un soutien pour réussir la levée de fonds nécessaire au lancement du projet. Ce dernier peut notamment être présenté aux partenaires de Numa.

Station F

Avec 51 000 m², 600 chambres et 40 fonds d'investissement, Station F est le plus grand incubateur de startups au monde. Implanté à Paris, il propose plus de 30 programmes d'accompagnement pour s'adapter aux besoins de tous les jeunes entrepreneurs, qui peuvent y louer un bureau à plein temps. FoodTech, GreenTech, technologies de la santé : tous les projets innovants ont leur chance.

Il existe même un dispositif spécifique pour les porteurs de projets ayant peu de ressources financières et/ou de diplômes : il s'adresse par exemple aux personnes issues des quartiers défavorisés ou aux réfugiés. Bon à savoir également : près de 600 événements (webinars, ateliers pratiques) sont organisés chaque année.

 

La Ruche

Créée en 2008 à Paris, la Ruche s'est implantée dans d'autres villes au point de former un véritable réseau d'incubateurs s'étendant de la capitale à Marseille, en passant par Bordeaux, Montpellier, Saint-Nazaire et Saint-Germain-en-Laye (Île-de-France).

Si la Ruche se concentre uniquement sur les projets sociaux et environnementaux, elle propose plusieurs programmes d'incubation spécifiques. « Les Audacieuses », par exemple, est destiné aux femmes n'ayant pas encore créé leur structure ou se trouvant à la tête d'une entreprise très jeune (moins d'un an). Il leur donne accès à 9 mois d'accompagnement gratuit avec, entre autres :

  • Un coaching personnalisé en leadership.

  • Divers ateliers pratiques.

  • L'accès à un bureau à mi-temps.

  • La possibilité de remporter un prix.

 

The Family

Situé en plein cœur de Paris, The Family propose un accompagnement particulier, à mi-chemin entre l'incubation et l'accélérateur de startup. En effet, cette structure offre plus qu'une « aide pour bien commencer » : la durée de son accompagnement est illimitée. En contrepartie de ses différents services, elle devient actionnaire minoritaire de chacune des entreprises qu'elle soutient, à hauteur de 3% de leur capital.

Autre spécificité : elle ne propose pas de bureaux à proprement parler, ni de conférences ou d'ateliers collectifs obligatoires : les entrepreneurs sont libres de venir ou non. C'est surtout pour son accompagnement sur mesure, comprenant de nombreux briefings ainsi qu'une aide à la levée de fonds que The Family est apprécié.

 

Le BIC de Montpellier

La réputation du BIC (Business and Innovation Center) de Montpellier n'est plus à faire : il figure même dans le top 5 du classement UBI Global des meilleurs incubateurs de startups au monde 2019. Force est de reconnaître que le taux de réussite des entreprises qu'il accompagne est très élevé : 91,4 % à 3 ans.

En pratique, son programme dure entre 3 et 5 ans avec coaching individualisé, aide pour obtenir les financements nécessaires au projet, accès privilégié à un réseau d'affaires. En revanche, il faut retenir que le BIC se concentre sur des secteurs précis, à savoir :

  • Les technologies de l'information et de la communication.

  • La santé.

  • Les biotechnologies.

  • Les technologies de pointe dans le secteur tertiaire.

 

Le Tremplin

Le Tremplin soutient l'innovation dans la filière sportive. Cet incubateur spécialisé a été lancé en 2015 par Paris&Co, l'agence de développement économique et d'innovation de Paris. Depuis, il a déjà incubé plus de 100 startups. Parmi ses plus grands points forts figurent notamment :

  • Son environnement sportif. En effet, le Tremplin est situé dans le stade Jean-Bouin du 16e arrondissement parisien (tout près du Parc des Princes).

  • La qualité de ses infrastructures comprenant entre autres des open spaces, des bureaux privatifs et des équipements sportifs. En tout, cet incubateur occupe une surface de 3 000 m2.

  • L'accès à des formations.

  • La mise en relation avec de grands comptes et des contacts presse.

À noter également que l'accompagnement peut durer 1 à 2 ans selon l'offre choisie, et que le tarif mensuel n'inclut pas les frais d'hébergement.

 

EuraTechnologies

EuraTechnologies, souvent abrégée en « EuraTech », est le pôle d'excellence numérique de la Métropole européenne de Lille (MEL). Cette vaste structure propose des programmes d'incubation de startups intensifs, permettant de prototyper en 80 jours. Coaching individualisé, formations thématiques et parrainage par des entrepreneurs d'EuraTech font partie de ses principaux points forts.

Mais c'est surtout pour son accès gratuit au TechShop Ateliers Leroy Merlin, avec aide et conseils pour la conception du prototype, que ce programme se démarque. Sous réserve d'éligibilité, il est aussi possible d'obtenir un financement à hauteur de 15 000 €. Bon à savoir également : il existe des programmes spécifiques, dédiés notamment à l'agriculture connectée, à la robotique, à la cybersécurité et au commerce connecté.

 

Nubbo

Spécialisé dans les secteurs de la biotech, de l'électronique, de la chimie et des logiciels web, Nubbo est ancré dans la ville de Toulouse. À la fois incubateur et accélérateur de startups, il est surtout réputé pour :

  • La qualité de son accompagnement. En effet, après 3 ans, 93 % des startups incubées sont toujours en activité.

  • Son soutien financier conséquent, le programme d'incubation donnant accès à une aide de 50 000 € sans intérêts, sans caution personnelle ni prise de participation de la part de l'incubateur.

Cependant, l'entrée au programme d'incubation est soumise à condition : les startups candidates doivent d'abord intégrer le programme de préincubation d'un mois pour tester leur idée.

À son terme, seuls les projets les plus convaincants sont retenus pour le véritable programme d'incubation, d'une durée de 12 mois. Pour aller plus loin, ce dernier permet ensuite, éventuellement, de rejoindre un programme d'accélération de 6 mois, donnant lui aussi accès à une aide de 50 000 €.

 

Comment intégrer un incubateur ?

Question délicate, car les modalités d'entrée varient beaucoup d'un incubateur à l'autre : le projet doit pouvoir profiter à l'économie de la région par exemple, pour les incubateurs gérés par les collectivités locales.

Dans le même ordre d'idée, pour les incubateurs tenus par de grands groupes industriels, le projet doit généralement avoir un lien avec le domaine d'activité du groupe. Pour d'autres structures, c'est plutôt le niveau de maturité du projet qui sera pris en compte.

Dans d'autres cas encore, l'incubateur demande aux candidats de suivre un parcours d'intégration très spécifique. Même le sexe des candidats peut entrer en ligne de compte, certains programmes étant notamment réservés aux entrepreneuses. Bref : il n'y a pas de règle stricte.

Cependant, il faut toujours commencer par identifier le bon incubateur, en prenant notamment le temps d'étudier le type d'entreprises qu'il soutient.

Ensuite, il faut généralement créer un dossier de candidature : tous les documents prouvant le sérieux du projet (étude de faisabilité, business plan, etc.) sont les bienvenus. Si le dossier est retenu, le (futur) entrepreneur défend ensuite son projet en entretien pour valider ou non son intégration au programme d'accompagnement.

 

1re étape : sélectionner les incubateurs potentiels

Il existe un très grand nombre d'incubateurs en France, si bien qu'il peut être délicat de trouver la bonne structure d'accompagnement. Pour affiner leur sélection, les porteurs de projet peuvent tout d'abord prendre 2 grands critères en compte. À savoir :

  • Leur situation géographique, l'idéal étant de trouver un incubateur dans leur ville ou région de domicile. Intégrer une structure éloignée reste cependant envisageable dans certains cas, mais il faut tenir compte des coûts que cela entraîne (déplacements, hébergement pendant plusieurs mois).

  • Leur secteur d'activité, étant entendu que beaucoup d'incubateurs sont spécialisés dans des domaines spécifiques.

Ils doivent également prendre le temps de dresser une liste de leurs besoins et attentes, notamment en termes de soutien financier, de formation et d'équipements. Une fois cette liste terminée, il suffit de consulter les sites des incubateurs pour s'assurer que les offres répondent bien aux besoins.

 

2e étape : contacter les incubateurs

Même si les sites des incubateurs comportent de nombreuses informations utiles, il est toujours recommandé d'appeler directement la structure avant de candidater. Cela permet :

  • D'obtenir des précisions sur les modalités d'admission.

  • De s'assurer de la faisabilité du projet, surtout lorsque celui-ci en est encore à ses balbutiements. Selon les cas, le référent de l'incubateur peut conseiller d'intégrer plutôt un programme de préincubation, ou de mûrir davantage le projet avant de revenir vers lui.

En revanche, si l'interlocuteur semble vivement intéressé, mieux vaut déposer rapidement une candidature ! Habituellement, il existe un espace dédié sur le site de l'incubateur : il permet de télécharger le dossier, voire même de le remplir directement en ligne.

À noter : de rares structures ont décidé de se passer de dossier de candidature. C'est notamment le cas de The Family, pour qui il « suffit » d'envoyer un mail présentant le projet. L'exercice est cependant plus délicat qu'il n'y paraît, car convaincre en quelques mots n'est pas si simple. Ensuite, si l'un des membres de l'équipe a un « coup de cœur », il contacte le porteur de projet pour programmer un entretien.

 

3e étape : monter le dossier de candidature

Cette étape ayant une importance capitale pour la suite, il est conseillé d'y accorder le plus grand soin. Si les documents demandés peuvent varier légèrement d'une structure à l'autre, il faut généralement joindre un business plan complet, comprenant :

  • L'executive summary (résumé opérationnel), qui donne un aperçu du projet, et donne au lecteur l'envie de lire le reste du business plan.

  • Une présentation détaillée du projet en précisant bien à quel besoin il répond.

  • Une étude de marché.

  • La présentation de la (future) équipe de l'entreprise. L'idée maîtresse étant de démontrer que les compétences complémentaires des membres vont permettre de mener le projet à bien.

  • Une description des besoins nécessaires pour créer l'entreprise.

 

Il faut aussi mentionner la durée et/ou le type d'accompagnement souhaité, pour les structures proposant plusieurs programmes. Avoir déjà un prototype fonctionnel à cette étape n'est en rien une obligation pour intégrer un incubateur, du moins pour la très grande majorité d'entre eux. Mais cela peut être apprécié et faire la différence, surtout lorsque les places sont très limitées. C'est pourquoi il est vivement recommandé d'indiquer l'existence d'un prototype dans le dossier de candidature.

 

4e étape : passer l'entretien

Classiquement, lorsque le dossier de candidature est accepté, les porteurs de projet passent un entretien avec le « comité de sélection ». Là encore, la composition de ce comité peut varier selon la structure, mais il comprend le plus souvent le responsable de l'incubateur, des entrepreneurs expérimentés, et des experts dans le secteur du projet. Des investisseurs potentiels peuvent aussi être présents.

Habituellement, le candidat est invité à présenter brièvement son projet, puis les membres du comité lui posent diverses questions. Comme il s'agit généralement de la dernière étape pour valider ou non l'inscription au programme, il est recommandé de préparer très soigneusement cet entretien. Concrètement, celui-ci doit permettre au jury de ressentir l'enthousiasme, la motivation et le sérieux du candidat. Pour passer avec brio cette étape délicate, il est notamment conseillé de :

  • Bien réfléchir aux raisons qui poussent à demander l'aide de l'incubateur. Dans les faits, les jurés acceptent rarement les personnes cherchant seulement une solution d'hébergement : ils privilégient les candidats ayant réellement besoin d'un accompagnement.

  • Venir (si possible) avec un prototype fonctionnel.

  • Faire preuve de souplesse et d'ouverture d'esprit en cas de critiques sur le projet.

Si tout se passe bien, les candidats intègrent ensuite l'incubateur. À noter : certaines structures prévoient un entretien de présélection, avec l'équipe d'accompagnement par exemple, avant le passage devant le comité.

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Publication originale le 18 juin 2020, mise à jour le 18 juin 2020

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