L'essentiel à retenir :
- Le monolithe regroupe toutes les fonctionnalités dans une seule base de code, facilitant le démarrage rapide ➔ convient aux équipes réduites avec un périmètre fonctionnel stable
- Les microservices divisent l'application en services indépendants, optimisant la scalabilité ➔ s'imposent pour les applications complexes
- Le modulith propose une approche intermédiaire, combinant simplicité du monolithe et modularité des microservices
- Les indicateurs DORA mesurent objectivement la performance de l'architecture
Monolithe, microservices ou modulith : le choix de l'architecture logicielle influence la capacité de l'équipe à évoluer rapidement, à maintenir la qualité du code et à répondre aux besoins croissants des utilisateurs. Zoom sur ces 3 types d'architectures, leurs caractéristiques et leurs indications.

Quelle est la différence entre architecture monolithique et microservices ?
L'architecture monolithique regroupe toutes les fonctionnalités dans une seule base de code déployée ensemble, tandis que les microservices divisent l'application en services indépendants communiquant par API, permettant un déploiement et une scalabilité différenciés par composant.
Le monolithe : une application unifiée avec un seul déploiement
L'architecture monolithique rassemble l'ensemble des composants applicatifs dans un unique bloc logiciel. La base de données, la logique métier, l'interface utilisateur et les traitements backend fonctionnent comme une entité indivisible. Cette approche traditionnelle facilite le développement initial grâce à sa simplicité conceptuelle.
- Les équipes bénéficient d'une vision globale du système sans nécessiter de coordination inter-services complexe.
- Le déploiement s'effectue en une seule opération, réduisant les risques de désynchronisation entre composants.
- Les transactions distribuées n'existent pas, simplifiant considérablement la gestion de la cohérence des données.
Cependant, la croissance du projet révèle progressivement les limites structurelles du monolithe. La base de code devient volumineuse, ralentissant les temps de compilation et augmentant la complexité cognitive pour les développeurs. Chaque modification, même mineure, impose un redéploiement complet de l'application, allongeant les cycles de mise en production.
La scalabilité horizontale, par ailleurs, peut s'avérer contraignante : l'ensemble de l'application doit être répliqué pour absorber la charge, même si seule une fonctionnalité spécifique nécessite des ressources supplémentaires. Cette duplication génère des coûts d'infrastructure pas toujours proportionnés aux besoins réels.
Les microservices : des services autonomes communiquant par API
L'architecture microservices décompose l'application en multiples services indépendants, chacun gérant un domaine fonctionnel distinct. Ces composants autonomes communiquent via des API REST ou des protocoles de messagerie asynchrone. Chaque service possède sa propre base de données, garantissant un découplage total.
- Cette séparation offre une flexibilité technique remarquable : les équipes choisissent librement les technologies adaptées à chaque service, sans imposer une stack technique uniforme à l'ensemble du système.
- La scalabilité devient granulaire : seuls les services sollicités bénéficient de ressources supplémentaires, optimisant considérablement les coûts d'infrastructure.
- Les déploiements indépendants accélèrent la mise en production : les équipes travaillent en parallèle sans créer de goulots d'étranglement organisationnels.
Néanmoins, cette approche introduit une complexité opérationnelle significative. La gestion de dizaines de services nécessite une infrastructure DevOps mature : orchestration de conteneurs, surveillance distribuée, gestion centralisée des logs. Les transactions distribuées compliquent la garantie de cohérence des données entre services.
La latence réseau entre services peut dégrader les performances si l'architecture n'est pas correctement conçue. Le débogage devient plus ardu, les erreurs se propageant potentiellement à travers plusieurs services avant de se manifester. Les équipes doivent maîtriser des concepts avancés comme le circuit breaker, le saga pattern et la corrélation distribuée des traces.
L'architecture modulith comme 3ème voie entre monolithe et microservices
Le modulith représente une approche hybride combinant la simplicité opérationnelle du monolithe avec la modularité conceptuelle des microservices. L'application reste déployée comme une entité unique, mais le code s'organise en modules fortement découplés respectant des frontières architecturales strictes.
Chaque module expose des interfaces publiques clairement définies, masquant ses détails d'implémentation internes. Cette séparation logique empêche les dépendances circulaires et favorise une évolution maîtrisée du code. Les équipes travaillent sur des périmètres fonctionnels distincts tout en partageant la même base de code.
Cette architecture facilite une transition progressive vers les microservices si nécessaire. Les modules bien délimités peuvent être extraits individuellement en services autonomes sans refonte architecturale complète. Les startups évitent ainsi le surinvestissement initial en infrastructure tout en préservant leur capacité d'évolution future.
Le modulith élimine la complexité réseau et les problématiques de transactions distribuées inhérentes aux microservices. Les performances restent optimales grâce aux appels de fonctions locaux. La surveillance et le débogage conservent la simplicité du monolithe traditionnel.
Comment choisir entre monolithe, microservices et modulith ?
Ce sont principalement les critères de taille et de maturité d'équipe, ainsi que les besoins en scalabilité, qui guident le choix entre monolithe, microservices et modulith.
Tableau comparatif monolithe / modulith / microservices
| Critère |
Monolithe |
Modulith |
Microservices |
| Taille d’équipe idéale |
Petite équipe (< 10 devs) |
Petite à moyenne équipe en croissance |
Équipes multiples, squads autonomes |
| Maturité technique requise |
Faible à intermédiaire |
Intermédiaire |
Élevée (DevOps, SRE, CI/CD avancé) |
| Scalabilité |
Globale (tout scale ensemble) |
Partielle (optimisations ciblées) |
Fine et différenciée par service |
| Résilience fonctionnelle |
Faible (panne globale possible) |
Moyenne (isolation logique) |
Forte (isolation physique des services) |
| Complexité opérationnelle |
Faible |
Modérée |
Élevée |
| Coûts d’infrastructure |
+ |
++ |
+++ |
Tenir compte de la taille et de la maturité de l'équipe
La composition et l'expérience de l'équipe technique déterminent immédiatement la faisabilité des différentes approches architecturales.
- Une équipe réduite, de moins de 10 développeurs, tire généralement davantage de bénéfices d'un monolithe ou d'un modulith, évitant la charge cognitive liée à la gestion de multiples services.
- Les microservices nécessitent des compétences DevOps avancées, disponibles dans les équipes matures. L'orchestration de conteneurs, la gestion des secrets distribués, le monitoring multi-services et la mise en place de pipelines CI/CD sophistiqués constituent en effet des prérequis incontournables.
L'autonomie des équipes influence également cette décision. Si l'organisation fonctionne avec des squads produit indépendantes, chacune responsable d'un domaine fonctionnel spécifique, les microservices facilitent cette séparation organisationnelle. À l'inverse, une équipe centralisée travaillant sur l'ensemble des fonctionnalités bénéficie de la cohésion offerte par un monolithe bien structuré.
La vélocité de développement dépend directement de l'adéquation entre architecture et maturité d'équipe. Un monolithe mal maîtrisé devient rapidement une masse de code ingérable. Des microservices mal orchestrés multiplient les incidents de production. Le modulith offre souvent le meilleur compromis pour les équipes en croissance, permettant une montée en compétences progressive.
Évaluer la clarté des frontières métier de l'application
La pertinence d'une architecture microservices repose fondamentalement sur la capacité à identifier des frontières métier stables et cohérentes. Si le domaine fonctionnel se découpe naturellement en contextes bornés distincts, avec des responsabilités clairement séparées, la décomposition en services indépendants devient envisageable.
Une application de e-commerce, par exemple, présente des frontières évidentes : gestion du catalogue produits, traitement des commandes, facturation, expédition, service client. Chaque domaine possède son propre cycle de vie et ses propres contraintes techniques. Le catalogue nécessite une forte disponibilité en lecture, tandis que le traitement des paiements exige une cohérence transactionnelle stricte.
À l'inverse, une application métier fortement intégrée avec des workflows transversaux complexes résiste à la décomposition. Si chaque fonctionnalité requiert des données provenant de multiples domaines, les appels inter-services se multiplient, dégradant les performances et augmentant la fragilité du système.
Le Domain-Driven Design fournit des outils conceptuels pour évaluer cette clarté. La cartographie des contextes bornés révèle les zones de forte cohésion interne et de faible couplage externe, indiquant les candidats idéaux pour une extraction en services autonomes. L'absence de frontières nettes suggère qu'un modulith ou un monolithe structuré constitue un choix plus pragmatique.
Anticiper les besoins réels en scalabilité et découplage
La scalabilité justifie fréquemment l'adoption des microservices, mais cette motivation mérite un examen critique. En effet, la plupart des applications n'atteignent jamais des volumes nécessitant une décomposition architecturale complexe, tandis qu'un monolithe correctement optimisé gère aisément plusieurs milliers de requêtes par seconde avec une infrastructure modeste.
Pour faire le bon choix entre monolithe, microservices et modulith, il faut regarder les métriques de charge actuelles et projetées. Si certains composants subissent une sollicitation disproportionnée, une scalabilité différenciée devient pertinente.
Exemple : un service de traitement d'images consommant intensivement le CPU, cohabitant avec un service de gestion administrative peu sollicité, bénéficie d'un découplage physique permettant un dimensionnement adapté de chaque composant.
Les contraintes de disponibilité influencent également cette décision.
Si un dysfonctionnement sur la fonctionnalité de facturation ne doit pas bloquer la consultation du catalogue produits, par exemple, l'isolation en services distincts garantit cette résilience.
Les besoins de découplage technologique constituent un autre facteur déterminant. Certains composants nécessitent des langages ou frameworks spécifiques pour des raisons de performance ou d'écosystème.
Illustration : un service de machine learning performant en Python cohabite difficilement avec une application web Java dans une architecture monolithique.
Comment les startups en hypercroissance doivent-elles anticiper leur évolution architecturale ?
1 - Démarrer avec un monolithe bien structuré pour valider le product-market fit
Les startups en phase de validation doivent privilégier la vélocité de développement sur la sophistication architecturale. Un monolithe bien conçu permet d'itérer rapidement sur le produit, testant différentes hypothèses sans la surcharge opérationnelle liée à une infrastructure distribuée.
Cette approche pragmatique évite le surinvestissement prématuré dans une architecture complexe dont les bénéfices ne se matérialiseront qu'avec une croissance significative. Les ressources limitées en phase d'amorçage doivent se concentrer sur la découverte du marché plutôt que sur l'optimisation technique anticipée.
Néanmoins, structurer soigneusement ce monolithe initial conditionne la capacité d'évolution future. L'organisation du code en modules découplés, le respect des principes SOLID et l'application de patterns architecturaux éprouvés facilitent l'extraction ultérieure de services si nécessaire. Une architecture en couches claire sépare la logique métier de l'infrastructure technique.
2 - Capter les signaux qui annoncent un besoin de découpage
Plusieurs indicateurs objectifs signalent qu'une évolution architecturale devient nécessaire.
- Les temps de build dépassant 15 minutes ralentissent considérablement la productivité des développeurs, multipliant les changements de contexte et fragmentant la concentration.
- Les conflits de merge fréquents révèlent que plusieurs équipes modifient simultanément les mêmes zones du code. Cette congestion organisationnelle indique qu'une séparation en composants autonomes permettrait un travail parallèle plus efficace.
- La fréquence des incidents de production liés à des effets de bord imprévus suggère également un couplage excessif entre fonctionnalités.
- Les goulots d'étranglement de scalabilité constituent un signal technique évident. Si certains endpoints subissent une charge importante pendant que d'autres restent inactifs, une réplication complète de l'application gaspille des ressources. La granularité des microservices permet un dimensionnement précis aligné sur les besoins réels.
- L'émergence de domaines fonctionnels clairement distincts dans le produit facilite la décomposition. Lorsque des équipes spécialisées se forment naturellement autour de périmètres métier cohérents, l'architecture technique devrait refléter cette organisation pour maximiser l'autonomie et minimiser les dépendances inter-équipes.
3 - Organiser la transition progressive vers microservices ou modulith
La migration architecturale nécessite une approche incrémentale plutôt qu'une refonte totale risquée. Le pattern du Strangler Fig permet d'extraire progressivement des fonctionnalités du monolithe vers des services autonomes, maintenant la continuité opérationnelle pendant la transformation.
Il est recommandé d'extraire d'abord les services périphériques plutôt que le cœur métier critique, réduisant les risques lors de cette phase d'apprentissage.
La mise en place d'un API Gateway centralise la gestion du routage entre l'ancien monolithe et les nouveaux services. Cette couche d'abstraction masque la complexité de l'architecture hybride aux clients, permettant une migration transparente sans impact sur l'expérience utilisateur.
Comment mettre en place une collaboration efficace entre les équipes développement et opérations ?
Aligner les équipes sur les objectifs architecturaux
La réussite du projet logiciel dépend autant de la coordination entre les équipes que de la sophistication technique de l'architecture. C'est pourquoi développeurs et équipes opérationnelles doivent partager une vision commune des objectifs et de leurs conséquences sur le système.
Les risques fréquents : les développeurs, focalisés sur la rapidité, peuvent sous-estimer la complexité que génère la multiplication des services. De leur côté, les équipes opérationnelles, responsables de la stabilité, craignent l’augmentation des risques et des points de défaillance. Si les équipes ne sont pas alignées, des conflits apparaissent et ralentissent l’évolution de l’architecture.
Les parades efficaces : il faut veiller à mettre en place des rituels communs. Les post-mortems d’incidents, notamment, doivent permettre aux deux équipes d'analyser ensemble les problèmes pour identifier des améliorations qui réduisent les risques. Autre rituel commun : les décisions de conception sont évaluées collectivement avant d’être mises en œuvre, dans le cadre de revues d’architecture partagées. En plus des riuels communs, il faut instaurer un principe de responsabilité partagée pour aligner les équipes en faisant converger leurs intérêts.
Le choix de la plateforme d'hébergement conditionne la capacité à opérer efficacement l'architecture sélectionnée.
Les architectures microservices nécessitent une orchestration de conteneurs sophistiquée, typiquement fournie par Kubernetes ou des services managés équivalents. Ces plateformes automatisent le déploiement, la mise à l'échelle et la récupération en cas de défaillance. Il faut aussi regarder les capacités d'observabilité natives de la plateforme. Les métriques détaillées, le tracing distribué et la centralisation des logs constituent des fonctionnalités indispensables pour une architecture distribuée. Une plateforme intégrant nativement ces outils réduit substantiellement le temps d'investigation lors des incidents.
Les monolithes et moduliths tolèrent des infrastructures plus simples. Une plateforme PaaS traditionnelle avec auto-scaling horizontal suffit généralement, réduisant considérablement la charge opérationnelle. Pour la couche site web / contenu, l'hébergement web de HubSpot propose une infrastructure managée adaptée aux sites web et contenus en ligne, éliminant la complexité de configuration tout en garantissant performance et disponibilité.
Suivre les indicateurs DORA pour mesurer la performance de l'architecture
Les métriques DORA fournissent un cadre objectif pour évaluer l'efficacité de l'architecture et des pratiques DevOps. Ces 4 indicateurs capturent les dimensions essentielles de la performance de livraison logicielle : vélocité, stabilité et capacité de récupération.
La fréquence de déploiement mesure la cadence à laquelle l'organisation livre du code en production. Les équipes performantes déploient plusieurs fois par jour, tandis que les équipes faibles déploient mensuellement ou trimestriellement. Une architecture facilitant les déploiements indépendants améliore naturellement cette métrique.
Le délai de mise en production quantifie le temps écoulé entre le commit du code et son exécution en production. Ce délai reflète directement la friction organisationnelle et technique dans le pipeline de livraison. Un monolithe avec des dépendances enchevêtrées allonge ce délai, nécessitant des validations et coordinations extensives avant chaque release.
Le taux de changement échoué représente le pourcentage de déploiements causant une dégradation du service nécessitant un correctif immédiat. Les architectures fortement couplées présentent des taux d'échec élevés, les modifications dans un composant provoquant des régressions inattendues ailleurs. L'isolation des microservices limite mécaniquement la portée des défaillances.
Le temps de restauration du service mesure la rapidité avec laquelle l'équipe rétablit le service après un incident. Les architectures modulaires facilitent l'isolation des problèmes et le rollback ciblé, réduisant considérablement ce délai. Un monolithe exige fréquemment un rollback complet de l'application, prolongeant l'indisponibilité.
FAQ sur l'architecture monolithique et microservices
Comment une startup avec 5 développeurs peut-elle choisir entre monolithe et microservices ?
Une équipe de 5 développeurs devrait privilégier un monolithe ou modulith bien structuré plutôt que des microservices. Cette approche maximise la vélocité de développement sans imposer la charge opérationnelle liée à l'orchestration de services distribués. Le
guide de gestion de projet de HubSpot fournit des frameworks pour évaluer la capacité organisationnelle nécessaire à chaque approche architecturale.
Pourquoi une application avec des domaines métier mal définis devrait-elle éviter les microservices ?
L'absence de frontières métier claires multiplie les communications inter-services et les transactions distribuées, dégradant considérablement les performances. Un monolithe ou modulith maintient la cohésion fonctionnelle tout en permettant une évolution progressive vers une meilleure modularité. L'
infrastructure d'hébergement de HubSpot s'adapte à ces évolutions architecturales côté site web / contenu, sans nécessiter de migration technique complexe de cette couche.
Quand une entreprise en hypercroissance doit-elle planifier sa transition vers les microservices ?
La transition devient pertinente lorsque les temps de build dépassent 15 minutes, si les conflits de merge se multiplient ou quand des goulots d'étranglement de scalabilité apparaissent sur des composants spécifiques. Ces signaux objectifs justifient l'investissement dans une architecture distribuée. Le
kit de planification stratégique de HubSpot aide à évaluer le timing optimal pour ces transformations architecturales majeures.
Quel type d'hébergement convient le mieux à une architecture modulith ?
Un modulith bénéficie d'une plateforme PaaS simplifiée avec auto-scaling horizontal, évitant la complexité d'orchestration des conteneurs nécessaire aux microservices. L'
hébergement web de HubSpot propose une infrastructure managée éliminant les configurations techniques complexes tout en garantissant performance et disponibilité pour la partie site web / contenu associée.
Comment les indicateurs DORA mesurent-ils l'efficacité d'une architecture logicielle ?
Les métriques DORA quantifient la fréquence de déploiement, le délai de mise en production, le taux de changement échoué et le temps de restauration du service. Ces indicateurs révèlent objectivement si l'architecture facilite ou entrave la livraison continue et la stabilité opérationnelle.
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Monolithe, microservices ou modulith : comment choisir la bonne architecture ?
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L'essentiel à retenir :
Monolithe, microservices ou modulith : le choix de l'architecture logicielle influence la capacité de l'équipe à évoluer rapidement, à maintenir la qualité du code et à répondre aux besoins croissants des utilisateurs. Zoom sur ces 3 types d'architectures, leurs caractéristiques et leurs indications.
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Quelle est la différence entre architecture monolithique et microservices ?
L'architecture monolithique regroupe toutes les fonctionnalités dans une seule base de code déployée ensemble, tandis que les microservices divisent l'application en services indépendants communiquant par API, permettant un déploiement et une scalabilité différenciés par composant.
Le monolithe : une application unifiée avec un seul déploiement
L'architecture monolithique rassemble l'ensemble des composants applicatifs dans un unique bloc logiciel. La base de données, la logique métier, l'interface utilisateur et les traitements backend fonctionnent comme une entité indivisible. Cette approche traditionnelle facilite le développement initial grâce à sa simplicité conceptuelle.
Cependant, la croissance du projet révèle progressivement les limites structurelles du monolithe. La base de code devient volumineuse, ralentissant les temps de compilation et augmentant la complexité cognitive pour les développeurs. Chaque modification, même mineure, impose un redéploiement complet de l'application, allongeant les cycles de mise en production.
La scalabilité horizontale, par ailleurs, peut s'avérer contraignante : l'ensemble de l'application doit être répliqué pour absorber la charge, même si seule une fonctionnalité spécifique nécessite des ressources supplémentaires. Cette duplication génère des coûts d'infrastructure pas toujours proportionnés aux besoins réels.
Les microservices : des services autonomes communiquant par API
L'architecture microservices décompose l'application en multiples services indépendants, chacun gérant un domaine fonctionnel distinct. Ces composants autonomes communiquent via des API REST ou des protocoles de messagerie asynchrone. Chaque service possède sa propre base de données, garantissant un découplage total.
Néanmoins, cette approche introduit une complexité opérationnelle significative. La gestion de dizaines de services nécessite une infrastructure DevOps mature : orchestration de conteneurs, surveillance distribuée, gestion centralisée des logs. Les transactions distribuées compliquent la garantie de cohérence des données entre services.
La latence réseau entre services peut dégrader les performances si l'architecture n'est pas correctement conçue. Le débogage devient plus ardu, les erreurs se propageant potentiellement à travers plusieurs services avant de se manifester. Les équipes doivent maîtriser des concepts avancés comme le circuit breaker, le saga pattern et la corrélation distribuée des traces.
L'architecture modulith comme 3ème voie entre monolithe et microservices
Le modulith représente une approche hybride combinant la simplicité opérationnelle du monolithe avec la modularité conceptuelle des microservices. L'application reste déployée comme une entité unique, mais le code s'organise en modules fortement découplés respectant des frontières architecturales strictes.
Chaque module expose des interfaces publiques clairement définies, masquant ses détails d'implémentation internes. Cette séparation logique empêche les dépendances circulaires et favorise une évolution maîtrisée du code. Les équipes travaillent sur des périmètres fonctionnels distincts tout en partageant la même base de code.
Cette architecture facilite une transition progressive vers les microservices si nécessaire. Les modules bien délimités peuvent être extraits individuellement en services autonomes sans refonte architecturale complète. Les startups évitent ainsi le surinvestissement initial en infrastructure tout en préservant leur capacité d'évolution future.
Le modulith élimine la complexité réseau et les problématiques de transactions distribuées inhérentes aux microservices. Les performances restent optimales grâce aux appels de fonctions locaux. La surveillance et le débogage conservent la simplicité du monolithe traditionnel.
Comment choisir entre monolithe, microservices et modulith ?
Ce sont principalement les critères de taille et de maturité d'équipe, ainsi que les besoins en scalabilité, qui guident le choix entre monolithe, microservices et modulith.
Tableau comparatif monolithe / modulith / microservices
Tenir compte de la taille et de la maturité de l'équipe
La composition et l'expérience de l'équipe technique déterminent immédiatement la faisabilité des différentes approches architecturales.
L'autonomie des équipes influence également cette décision. Si l'organisation fonctionne avec des squads produit indépendantes, chacune responsable d'un domaine fonctionnel spécifique, les microservices facilitent cette séparation organisationnelle. À l'inverse, une équipe centralisée travaillant sur l'ensemble des fonctionnalités bénéficie de la cohésion offerte par un monolithe bien structuré.
La vélocité de développement dépend directement de l'adéquation entre architecture et maturité d'équipe. Un monolithe mal maîtrisé devient rapidement une masse de code ingérable. Des microservices mal orchestrés multiplient les incidents de production. Le modulith offre souvent le meilleur compromis pour les équipes en croissance, permettant une montée en compétences progressive.
Évaluer la clarté des frontières métier de l'application
La pertinence d'une architecture microservices repose fondamentalement sur la capacité à identifier des frontières métier stables et cohérentes. Si le domaine fonctionnel se découpe naturellement en contextes bornés distincts, avec des responsabilités clairement séparées, la décomposition en services indépendants devient envisageable.
Une application de e-commerce, par exemple, présente des frontières évidentes : gestion du catalogue produits, traitement des commandes, facturation, expédition, service client. Chaque domaine possède son propre cycle de vie et ses propres contraintes techniques. Le catalogue nécessite une forte disponibilité en lecture, tandis que le traitement des paiements exige une cohérence transactionnelle stricte.
À l'inverse, une application métier fortement intégrée avec des workflows transversaux complexes résiste à la décomposition. Si chaque fonctionnalité requiert des données provenant de multiples domaines, les appels inter-services se multiplient, dégradant les performances et augmentant la fragilité du système.
Le Domain-Driven Design fournit des outils conceptuels pour évaluer cette clarté. La cartographie des contextes bornés révèle les zones de forte cohésion interne et de faible couplage externe, indiquant les candidats idéaux pour une extraction en services autonomes. L'absence de frontières nettes suggère qu'un modulith ou un monolithe structuré constitue un choix plus pragmatique.
Anticiper les besoins réels en scalabilité et découplage
La scalabilité justifie fréquemment l'adoption des microservices, mais cette motivation mérite un examen critique. En effet, la plupart des applications n'atteignent jamais des volumes nécessitant une décomposition architecturale complexe, tandis qu'un monolithe correctement optimisé gère aisément plusieurs milliers de requêtes par seconde avec une infrastructure modeste.
Pour faire le bon choix entre monolithe, microservices et modulith, il faut regarder les métriques de charge actuelles et projetées. Si certains composants subissent une sollicitation disproportionnée, une scalabilité différenciée devient pertinente.
Exemple : un service de traitement d'images consommant intensivement le CPU, cohabitant avec un service de gestion administrative peu sollicité, bénéficie d'un découplage physique permettant un dimensionnement adapté de chaque composant.
Les contraintes de disponibilité influencent également cette décision.
Si un dysfonctionnement sur la fonctionnalité de facturation ne doit pas bloquer la consultation du catalogue produits, par exemple, l'isolation en services distincts garantit cette résilience.
Les besoins de découplage technologique constituent un autre facteur déterminant. Certains composants nécessitent des langages ou frameworks spécifiques pour des raisons de performance ou d'écosystème.
Illustration : un service de machine learning performant en Python cohabite difficilement avec une application web Java dans une architecture monolithique.
Comment les startups en hypercroissance doivent-elles anticiper leur évolution architecturale ?
1 - Démarrer avec un monolithe bien structuré pour valider le product-market fit
Les startups en phase de validation doivent privilégier la vélocité de développement sur la sophistication architecturale. Un monolithe bien conçu permet d'itérer rapidement sur le produit, testant différentes hypothèses sans la surcharge opérationnelle liée à une infrastructure distribuée.
Cette approche pragmatique évite le surinvestissement prématuré dans une architecture complexe dont les bénéfices ne se matérialiseront qu'avec une croissance significative. Les ressources limitées en phase d'amorçage doivent se concentrer sur la découverte du marché plutôt que sur l'optimisation technique anticipée.
Néanmoins, structurer soigneusement ce monolithe initial conditionne la capacité d'évolution future. L'organisation du code en modules découplés, le respect des principes SOLID et l'application de patterns architecturaux éprouvés facilitent l'extraction ultérieure de services si nécessaire. Une architecture en couches claire sépare la logique métier de l'infrastructure technique.
2 - Capter les signaux qui annoncent un besoin de découpage
Plusieurs indicateurs objectifs signalent qu'une évolution architecturale devient nécessaire.
3 - Organiser la transition progressive vers microservices ou modulith
La migration architecturale nécessite une approche incrémentale plutôt qu'une refonte totale risquée. Le pattern du Strangler Fig permet d'extraire progressivement des fonctionnalités du monolithe vers des services autonomes, maintenant la continuité opérationnelle pendant la transformation.
Il est recommandé d'extraire d'abord les services périphériques plutôt que le cœur métier critique, réduisant les risques lors de cette phase d'apprentissage.
La mise en place d'un API Gateway centralise la gestion du routage entre l'ancien monolithe et les nouveaux services. Cette couche d'abstraction masque la complexité de l'architecture hybride aux clients, permettant une migration transparente sans impact sur l'expérience utilisateur.
Comment mettre en place une collaboration efficace entre les équipes développement et opérations ?
Aligner les équipes sur les objectifs architecturaux
La réussite du projet logiciel dépend autant de la coordination entre les équipes que de la sophistication technique de l'architecture. C'est pourquoi développeurs et équipes opérationnelles doivent partager une vision commune des objectifs et de leurs conséquences sur le système.
Les risques fréquents : les développeurs, focalisés sur la rapidité, peuvent sous-estimer la complexité que génère la multiplication des services. De leur côté, les équipes opérationnelles, responsables de la stabilité, craignent l’augmentation des risques et des points de défaillance. Si les équipes ne sont pas alignées, des conflits apparaissent et ralentissent l’évolution de l’architecture.
Les parades efficaces : il faut veiller à mettre en place des rituels communs. Les post-mortems d’incidents, notamment, doivent permettre aux deux équipes d'analyser ensemble les problèmes pour identifier des améliorations qui réduisent les risques. Autre rituel commun : les décisions de conception sont évaluées collectivement avant d’être mises en œuvre, dans le cadre de revues d’architecture partagées. En plus des riuels communs, il faut instaurer un principe de responsabilité partagée pour aligner les équipes en faisant converger leurs intérêts.
Choisir une plateforme d'hébergement adaptée à l'architecture
Le choix de la plateforme d'hébergement conditionne la capacité à opérer efficacement l'architecture sélectionnée.
Les architectures microservices nécessitent une orchestration de conteneurs sophistiquée, typiquement fournie par Kubernetes ou des services managés équivalents. Ces plateformes automatisent le déploiement, la mise à l'échelle et la récupération en cas de défaillance. Il faut aussi regarder les capacités d'observabilité natives de la plateforme. Les métriques détaillées, le tracing distribué et la centralisation des logs constituent des fonctionnalités indispensables pour une architecture distribuée. Une plateforme intégrant nativement ces outils réduit substantiellement le temps d'investigation lors des incidents.
Les monolithes et moduliths tolèrent des infrastructures plus simples. Une plateforme PaaS traditionnelle avec auto-scaling horizontal suffit généralement, réduisant considérablement la charge opérationnelle. Pour la couche site web / contenu, l'hébergement web de HubSpot propose une infrastructure managée adaptée aux sites web et contenus en ligne, éliminant la complexité de configuration tout en garantissant performance et disponibilité.
Suivre les indicateurs DORA pour mesurer la performance de l'architecture
Les métriques DORA fournissent un cadre objectif pour évaluer l'efficacité de l'architecture et des pratiques DevOps. Ces 4 indicateurs capturent les dimensions essentielles de la performance de livraison logicielle : vélocité, stabilité et capacité de récupération.
La fréquence de déploiement mesure la cadence à laquelle l'organisation livre du code en production. Les équipes performantes déploient plusieurs fois par jour, tandis que les équipes faibles déploient mensuellement ou trimestriellement. Une architecture facilitant les déploiements indépendants améliore naturellement cette métrique.
Le délai de mise en production quantifie le temps écoulé entre le commit du code et son exécution en production. Ce délai reflète directement la friction organisationnelle et technique dans le pipeline de livraison. Un monolithe avec des dépendances enchevêtrées allonge ce délai, nécessitant des validations et coordinations extensives avant chaque release.
Le taux de changement échoué représente le pourcentage de déploiements causant une dégradation du service nécessitant un correctif immédiat. Les architectures fortement couplées présentent des taux d'échec élevés, les modifications dans un composant provoquant des régressions inattendues ailleurs. L'isolation des microservices limite mécaniquement la portée des défaillances.
Le temps de restauration du service mesure la rapidité avec laquelle l'équipe rétablit le service après un incident. Les architectures modulaires facilitent l'isolation des problèmes et le rollback ciblé, réduisant considérablement ce délai. Un monolithe exige fréquemment un rollback complet de l'application, prolongeant l'indisponibilité.
FAQ sur l'architecture monolithique et microservices
Comment une startup avec 5 développeurs peut-elle choisir entre monolithe et microservices ?
Pourquoi une application avec des domaines métier mal définis devrait-elle éviter les microservices ?
Quand une entreprise en hypercroissance doit-elle planifier sa transition vers les microservices ?
Quel type d'hébergement convient le mieux à une architecture modulith ?
Comment les indicateurs DORA mesurent-ils l'efficacité d'une architecture logicielle ?
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